Auteur : <span class="vcard">ramaje47</span>

Tremolin 4 et fin

Il se souvenait de la naissance du jour d’après où la vie en lui, sur lui s’était réveillée, où la migration des petits et des grands avait commencé, ou la promiscuité sécurisante disparaissait et où tous les mondes, l’animal et le végétal, reprenaient le cours de leurs vies.

Alors, Tremolin admirait du haut de ses trente mètrées son royaume. Il s’étendait de son pied jusqu’où le ciel, la terre et l’eau se rejoignent.  Il était fier de régner sur cette terre d’abondance et d’accueil. Les cycles de septimes se succédaient aussi dans les autres provinces, et quelques rares espèces rejoignaient la septième province.

Il s’était pris d’affection pour une espèce qu’il ne connaissait pas. Curieux petits bipèdes roses et nus comme les vers de sable… Il aimait les sons mélodieux qu’ils faisaient. Ils croissaient et multipliaient comme toutes les espèces de cette terre neuve.

Tremolin se promit de donner un nom à sa vingtième années septimes tant à cette jeune province nouvellement peuplée, qu’aux nouvelles espèces migrantes installées. Pour le moment, tous goûtaient à la paix du monde du milieu.

FIN

Merci à Tremolin pour ses confidences de grand Sage et à Eyssaure le malicieux, vent doux du sud-ouest du Monde du milieu, son ami de toujours pour ses murmures.


Tremolin 3

En quelques jours, sachant la fin proche décelée au passage des vents mauvais des Lointains, Poplar le Vieux l’avait instruit de tout ce qu’un peuplier tremble devait savoir. La protection était assurée sur une autre province du monde du milieu, pas seulement pour son espèce mais pour toutes celles de ce monde agonisant… C’était la prophétie de Poplar le Vieux qui se réalisait à n’en pas douter.

Il se souvenait que quinze années septimes auparavant, lui, Tremolin sortait d’une terre rousse et complice, ses fortes racines où s’accrochaient les vies souterraines. Ses branches, ses feuilles son tronc, s’étaient couverts d’insectes de tous genres, du dessus, du dessous, du dedans de la terre mère, d’oiseaux de toutes plumes, de poissons d’écailles ou nus, de toutes eaux, les limpides et les boueuses, les sages et les tumultueuses vivant sur et dans la terre mère, d’herbivores de tous poils vivant au sol ou à la cime des uns ou des autres, de carnassiers indispensables pour l’équilibre de tous. Ils se sont posés, agrippés, enfouis, tous en paix et confiants d’une nouvelle vie. Dans la terre, sous ses racines, Tremolin savaient des enfants endormis, rejetons multiples et variés dans leurs cocons, descendants innocents des parents et amis feuillus sacrifiés. Les petits se réveilleraient après le grand déménagement, quand la septième province aura fait se rejoindre le ciel, la terre et l’eau. Ainsi allaient les cycles des septimes dans ces temps-là.

Tremolin se souvenait de son arrivée dans la septième province du Monde du milieu après tant de souffrance… Sur cette terre d’asile féconde, il avait glissé délicatement ses jeunes racines ensemencée de vies d’ailleurs dans la terre rouge d’ailleurs, se mélangeant à jamais à une autre terre, brune, chaude et fertile. Il avait levé haut, le plus haut possible, ses jeunes branches pour retenir les nuages gorgés d’eau afin de s’abreuver… Délicats, les nuages consentants s’écartaient, laissant un ciel rougissant de fin de jour apparaître.

(A suivre)


Tremolin 2

Il se souvenait de ce jour où le grand Sage Poplar le Vieux l’avait choisi lui, pour sa mémoire fabuleuse…
Il se souvenait comment le grand Sage Poplar le Vieux lui avait enseigné, appris, formé, entrainé puis un septième jour naissant, lui avait révélé qu’il porterait sur lui, tous les espoirs de leurs mondes…Le grand Sage avait analysé sa manière de vivre. Ainsi, Trémolin était réellement unique… maintenant il le savait.
Il avait été instruit sur certaines choses importantes, sur la moyenne de vie des peupliers trembles qui variait d’un temps de soixante-dix à quatre-vingts années septimes. Et lui, le jeune Tremolin, avait été choisi parmi des septimes de septimes de jeunes trembles pour sa constitution exceptionnelle. Des triples centenaires septimes, étaient aussi rares que l’on n’en avait jamais connu de mémoire de tremble, mais il y avait de vieilles histoires dont il avait
été instruit qui en parlaient encore… Il portait dans ses gènes cette longévité exceptionnelle.
Surement une graine envolée et enfouie d’un Vénérable de son espèce, disait-on.
Alors, il se souvenait comme il se sentait petit au milieu des siens, même s’il se savait frêle et fragile du haut de ses dix mètrées, et même s’il devait partir sans se retourner, le cœur gros à en pleurer ses feuilles, il avait tremblé de tout son être lors de son acceptation,
tremblant autant que possible, bruissant si fort de toutes ses jeunes feuilles qu’il avait été entendu de toute la province, aidé de son ami Eyssaure portant ses bruissements qui enflaient tels les bourdonnements de la communauté ailée en colère. Il avait accepté de partir, c’était dans l’ordre des choses, aidé par le malicieux Eyssaure, vent doux du sud-ouest du Monde du milieu, son ami de toujours.

( A suivre)


Tremolin

Tremolin

Tremolin admirait du haut de ses trente mètrées son royaume. Il s’étendait de son pied jusqu’où le ciel, la terre et l’eau se rejoignent.
Il se souvenait, sans colère aucune, car c’était dans l’ordre des choses, du dragon de feu dévastateur. « Feu des Entrailles », appartenait au monde du dessous… Ravageur de parents, d’amis de toutes espèces. Il se souvenait de la plainte déchirante et grandissante des branches se consumant, des éclaboussures incandescentes dégoulinant des troncs dévorés de l’intérieur, de l’écran de fumée rouges et noires obscurcissant le ciel… Il avait été instruit et savait que par cycle, de septimes en septimes, Feu des Entrailles revenait remettre les choses dans l’ordre en nettoyant les plaines et les vallées, en ratiboisant les grands et vieux bois, et tout ce qui surgissait à son passage. Feu des Entrailles allait jusqu’à aspirer les eaux des terres et les recracher bouillantes et purifiées. Oui Tremolin se souvenait.
Il se souvenait de sa solitude malgré son fardeau de la vie des hôtes naturels des lieux, habitants de tous les endroits de la province meurtrie en âge de procréer. Il avait été instruit des contes et légendes des mondes du dessus, du dessous, du milieu, et de ceux disparus… Il savait la légende d’un des mondes aujourd’hui disparu qui évoquait une « arche de Noé » … Son exode lui ressemblait.

( à suivre)

(Histoire inspirée par l’arbre habité de Mignaloux-Beauvoir pour Francine, série contes et légendes- 2017)


Penser à elle, à l’autre…

Penser à elle, à l’autre.

En dedans, elle n’est pas la même, elle n’est plus la même.

Elle le sait. Je le sais.

Qui parlera. Elle ou moi.

Donnez la vie, donnez encore et encore la vie.

Corps gracile qui s’arrondit d’une vie, de deux puis de trois.

Chacun – inconnu – prend une partie de moi.

Etre seule pour ressentir la transformation, seule en moi.

Personne ne saura jamais la solitude.

Je, est seule.

Tourments des questions sans réponse.

Solitude à deux ? C’est à toi seule.

Imagerie médicale qui révèle ce qu’il y a dans la poche.

Un squelette, des organes, l’eau qui permet de vivre en l’autre.

Chaque femme vit son histoire à elle.

Elle, est seule.

Pierre noire, sanguine et craie blanche, estompe, sur papier beige avec effet d’estompe, de Elisabeth Louise Vigée Le Brun – Tiré du Catalogue de l’expo Paris Grand Palais 23/09/2015-11/01/2016

Puis doucement, penser à deux

Grandir à deux

Ecouter le monde à deux

Vivre seul chacun

La « délivrance »,

La « naissance ».

La séparation

Elle, Je, est seule…

 


Balancez-vous…

« Nous devrions peut-être accorder à nouveau une place au rocking-chair dans notre salon. Selon des chercheurs américains, se balancer (sur une balançoire ou un fauteuil à bascule) apaise l’anxiété, détend et remonte le moral. »

(Extrait de 365 jours flow – Sources Psychology Today)

Justement, j’aimerais bien… mais il pleut.

J’aimerais bien, dans le jardin me laisser choir dans le fauteuil et ne plus voir ce ciel en gris verser sa pluie… Me bercer, les yeux fermés, ignorant la rumeur de la rue, retrouver le chants des oiseaux. Patience, la terre bientôt se réveillera !

Le rocking-chair, Ile d’Oléron


le soleil d’octobre, l’été indien…

Le soleil est encore chaud ici, en journée. Hier, du temps pour le jardin, du temps pour goûter l’été indien, du temps pour projeter des images du jardin de l’an prochain…

Les feuilles d'or - Automne 2016

Ce matin, j’écris… Quelques mots. Les fenêtres de la maison sont toutes, grande ouverte, laissant les flots de soleil se déverser dans les chambres. D’où je suis, je l’admire au travers des jeux d’ombre et de lumière…

Chapeau de soleil à l'ombre - Automne 2016

Belle semaine les amis !


Le parcours de minigolf insolite…

Hello ! Quelques nouvelles d’un été très très chaud !

Avec mes petits fils, dont le séjour fut bien trop court, nous nous sommes évadés dans le minigolf de l’hôtel restaurant le « Stelsia »  à Saint-Sylvestre (47), à deux pas de chez moi… Sympa et insolite !

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De quoi oublier où nous étions, chaleur garantie !

Belle journée !


Mode « Stand-bye »…

Voyez ami, comme certains poètes savent bien dire les choses qui vous habitent….

Cogitations

IMG_9615Et s’usera le temps
au rythme des saisons.
S’useront mes printemps.
Et moi… je reste…

Je me voudrais marée
au rythme imperturbable.
Je me voudrais jetée.
Ou je me voudrais sable.

Et s’useront mes rêves.
Et s’usera ma joie.
S’useront mes combats.
Et s’usera ma sève.

IMG_0732Je me voudrais étang
à surface de moire
où les aubes et les soirs
se mirent infiniment..

S’usera ma gaieté.
S’useront mes attentes.
S’useront mes projets.
S’useront mes tourmentes.

Je me voudrais le vent.
Je me voudrais la mer.
Je me voudrais le temps
au rythme de la terre.

CIEL DORAGE ET SOLEILS’useront les images
qu’on garde au fond de soi.
Et s’useront les pages
qu’on se fit pas à pas.

Alors tel un vieux loup
au bout de son chemin,
je me voudrai caillou
au rythme de plus rien !

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981


Liberté…

Je veux partager ce texte magnifique de Paul Eluard écrit en 1940…

Liberté de Paul Eluard

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

PEluard_Liberte_ page1_MRN

Manuscrit Paul Eluard. Sources : https://www.reseau-canope.fr/cnrd/document/6578

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Paul Eluard-Fernand Léger, "Liberté" © Paul Eluard-Fernand Léger, "Liberté" (détail), Seghers ed., Paris, 1953 © ADAGP, Paris 2015 © RMN-GP/ photo M. Rabeau. Livre de 1953 © Editions Seghers. Texte : Paul Eluard, poème "Liberté" in Au rendez-vous allemand © 1945 by Les Editions de Minuit - See more at: http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/fleger/evenement/l-exposition-autour-du-poeme-liberte-paul-eluard-et-fernand-leger-en-dialogue#sthash.7tB4Lzge.dpuf

Paul Eluard-Fernand Léger, « Liberté »
©
Paul Eluard-Fernand Léger, « Liberté » (détail), Seghers ed., Paris, 1953 © ADAGP, Paris 2015 © RMN-GP/ photo M. Rabeau. Livre de 1953 © Editions Seghers. Texte : Paul Eluard, poème « Liberté » in Au rendez-vous allemand © 1945 by Les Editions de Minuit
– See more at: http://musees-nationaux-alpesmaritimes.fr/fleger/evenement/l-exposition-autour-du-poeme-liberte-paul-eluard-et-fernand-leger-en-dialogue#sthash.7tB4Lzge.dpuf

Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Je viens de découvrir la vidéo après avoir plusieurs fois écouté la chanson reprise par les » enfoirés ».