Très chère amie, je t’écris d’un village hors du temps…(4 et fin)

Me voilà à la maison. Enfin, la paix.

Si tu pouvais sentir les battements de mon cœur… Et mes tympans bourdonnent.

Je mets de l’eau dans la bouilloire et me prépare une tasse de thé et en attendant que l’eau boue, je tourne en rond dans ma cuisine.

Tu vois, rien qu’en te racontant ces faits, je suis toujours bouleversée, je ne comprends pas ce qui m’est arrivé.

Bien installée dans ce fauteuil confortable déniché avec mon mari, il y a quelques semaines dans une brocante, devant une belle flambée, je laisse courir mes pensées, les yeux dans le vague. La
douce lumière de l’abat-jour se répand sur moi et, sur la cheminée, les portraits de mes enfants, et la photo de mariage en noir et blanc, me réchauffe le cœur. La tasse de thé bien chaud me fait
du bien.

premiere-flambee.JPGJe garde le silence. Ces
évènements me troublent, tu penses, et pourtant, ils me semblent familiers, maintenant que je suis apaisée et que mon esprit est passé à autre chose.

Le mieux c’est de me faire aider, et qui peut, mieux que mon mari, m’aider ? Je décide de lui téléphoner. J’ai un peu peur qu’il se moque. Et, après lui avoir simplement dit qu’il était
question d’une cloche, pour laquelle les habitants de Ladignac s’étaient révoltés parce que l’on voulait leur prendre, je l’entends rire. Il me rappelle gentiment, qu’il m’avait prévenu, que de
farfouiller dans des vieux papiers cela allait me « monter à la tête »…Je l’imagine qui sourit et je souris à mon tour…

–       « Tu veux que je te mette sur une piste », questionne-t-il au bout d’un long moment de silence…

–       « Va dans ton bureau, dans le meuble que l’on vient de restaurer, sur l’étagère de droite, à hauteur d’yeux, il y a un dossier rouge à élastiques où
tu as écrit au feutre noir : « Histoire de cloche… » . Bonne fin de journée ma chérie, à demain ? Bises ».

Tu le reconnais bien, non ? Un sens de l’organisation, une mémoire d’éléphant. Ah, je t’avoue que dans ces domaines, organisation et mémoire, il n’a pas son pareil ! Précieux homme… Je
devine ton sourire moqueur, mais je n’y peux rien, mon amie, c’est une vérité ! Mais il n’est pas plus étonné que cela sur mon aventure…

Me voilà le nez plongé dans mes papiers ; je feuillète les liasses, notes, photocopies et autres documents et lis tout haut :

–       « Archives départementales d’Agen, L 804 (délibération et
correspondances ; Affaires administratives ; Conseil du district de Villeneuve) ; Germinal an II :

Insurrection à Ladignac à cause de la descente d’une cloche ; un officier municipal revêtu de son écharpe fut maltraité ; dénonciation des principaux coupables au Tribunal
criminel… »

Je mets cette chemise de côté. Le suivant :

–       « Archives départementales d’Agen, L 794 (délibération et correspondances ; Affaires administratives ; Conseil du district de
Villeneuve) ; 5 juillet 1790 – 10 octobre 1793 ; 7ème cahier :

…Descente des cloches, reste une par clocher, les autres sont destinées à la fonte et seront portées à Port de Penne, aux pénitents bleus à Penne, à Lustrac, à St Vite…, pour
être
embarquées sur le Lot. » 

J’ouvre cette chemise, me souvenant de ces notes mises de côté. Je me souviens que je les avais mises là pour une éventuelle exploitation de ces informations.

J’emporte le tout et retourne dans mon accueillant fauteuil pour relire soigneusement tous ces papiers. La transcription des documents originaux que j’ai eus en main dataient de 1794. Vieux
papiers remués, poussière d’époque…Combien de mains ont ouvert ces liasses ? Combien d’yeux ont parcourus ces lignes, celles que j’ai lues, un jour, aux archives… C’était le 21 nivôse, an
II, comme aujourd’hui, un 10 janvier. Quelle coïncidence !

Je te joins des copies de mes transcriptions : la reprise de tous le déroulé de ce « fait historique », de leur arrestation, leur emprisonnement à Penne, les interrogatoires, leur
transport à Agen dans l’attente de leur deuxième procès, leur procès et les sentences… De quoi retracer, pas à pas une petite page de l’histoire du village…

Mais je te résume :

Quatre personnes furent emprisonnées d’abord à Penne puis à Agen, attendant un verdict terrible pour avoir « incité à l’émeute » (dans le texte) et aussi pour avoir commis des
« voyes de faits » (dans le texte) sur des officiers municipaux et un garde national !

En cette période de troubles postrévolutionnaires, on ne « rigolait » pas avec la nouvelle autorité ; c’était, disait-il, pour le bien du Peuple !

Heureusement, « l’Accusateur public provisoire » du Tribunal Criminel du département de Lot et Garonne, assez clairvoyant, je pense, après un fabuleux réquisitoire en faveur
des prévenus (presque deux pages, sans point ni virgule) disait que « les inculpés l’ont été, pour s’être fait le plus remarquer dans un attroupement d’hommes et de femmes à Ladignac et
parce qu’ils se sont opposer à la descente de la cloche de cette paroisse ».
Mais, ils étaient ignorants d’une délibération du conseil général du 18 dudit mois, qui autorisait les
officiers municipaux à faire descendre la cloche, la porter à Port de Penne, aux pénitents bleus de Penne, pour être embarquée sur le Lot et en rejoindre bien d’autres pour être
fondue ».

Alors il renvoie les prévenus au Juge de Paix du canton de Penne, pour une sentence à la mesure de ces conclusions.

Son billet est court :

« Je t’envoie, citoyen, un jugement du tribunal concernant deux hommes et deux femmes de Ladignac avec les pièces les concernant. Salut et fraternité »

Cela va t’amuser, mais j’ai recopié la signature de ce billet : signataire du billet. Illisible comme tu le vois !

Le juge de Penne les sanctionne donc sur les conseils de l’Accusateur Public sur les motifs de « Voies de faits qu’ils se permirent contre la Garde Nationale qui lesdits officiers
municipaux requirent pour dissiper cet attroupement d’hommes et de femmes. »

Et les voilà condamnés !

 « Jean Destieu,  dit Bicary, Elisabeth Saint-Martin, mariés, en la somme de 25 livres d’amende,

Jean Bourget, en 40 livres,

Et Françoise Desprats, épouse d’Antoine Coulomi , sonneur de cloches en cette ville, de 25 livres. »

Tu sais, cette une histoire aurait pu finir bien plus mal… On coupait encore des têtes…

Quant à moi, ma très chère amie, de cette aventure, il me reste ce petit galet rond, blanc, doux et tout poli venant surement d’une des plages du Lot, reretrouvé dans la poche de ma veste !

Je te laisse à la méditation de cette aventure, pour laquelle, je n’ai à ce jour, aucune explication !

Mes amitiés sincères et au plaisir de te lire prochainement ou de te recevoir ici, dans cette merveilleuse campagne où les mystères de l’Histoire demeurent !

Baisers tendres, ton amie

Joëlle

Très chère amie, je t’écris d’un village hors du temps… (3)

eglise ladignac peinture persoAutour de l’église, la plupart des gens lèvent la tête vers le clocher. Des cordes pendent, et on a emprisonné la cloche dans une armature de bois. On veut la
descendre.

Moi je ne comprends plus rien. Tu ne peux pas t’imaginer l’état dans lequel j’étais… D’où venaient ces gens, et qui étaient ceux dans le clocher, ? Quand et comment étaient-ils montés ?

Finalement, je n’ai pas le temps de répondre à mes questions. Je me sens soulevée par des bonnes femmes qui m’entraînent avec elles, tout en continuant d’invectiver ceux d’en haut. Ceux d’en haut
veulent descendre la cloche, ceux d’en bas ne veulent pas.

Quoi, dit-tu ? J’imagine ta bouche et tes yeux qui s’arrondissent… Je t’avoue que dans ma tête c’est pareil, le chaos total…

Ceux d’en haut interpellent la Garde Nationale, pour qu’ils puissent faire ce qu’ils ont à faire. Et cela dure depuis le matin ! Je viens de l’entendre de la bouche de cette femme en bleu.
Elle est en colère, ses joues tremblent pendant qu’elle crie, sa voisine à la peau jaune parcheminée grimace tout autant et je ne vois plus que des yeux exorbités et des bouches démesurées. C’est
un cauchemar…

Du cimetière, des pierres sont lancées vers ceux d’en haut. Parfois les cailloux ricochent sur le mur et retombent dans notre direction. L’un d’eux atterrit dans mon col, sans violence
heureusement ! Machinalement je le mets dans ma poche. C’est un petit galet de la rivière, rond, blanc, doux et tout poli. Et ma main reste dans ma poche à le réchauffer.

Un peu à l’écart des lanceurs de pierres, un homme d’une quarantaine d’années, discute ferme avec une femme en faisant de grands gestes, avec dans la main droite, son outil de jardin qu’il
n’avait pas voulu lâcher pour suivre la « Françoise » qui est venue le chercher. Il crie qu’on ne doit pas descendre la cloche, que c’est elle qui mesure la vie – pas la vie religieuse
bien sûr, la grande révolution l’a proscrit -, elle marque les heures pour se repérer, elle appelle pour les incendies, pour les noyades, le rassemblement… Comment saura-t-on après ?

C’est ma petite voisine, une adolescente toute blonde, cheveux au vent, disparaissant sous un châle de laine grossière qui me dit que c’est « Moyse » et la « Desplats » qui
s’écharpent !

L’attroupement est de plus en plus dense. Je suis au cœur d’une action non désirée, dans ce tableau vivant d’une émeute à Ladignac…

Je me croyais dans un tableau, une scène de genre à la Greuze ou Le Nain… Sauf que les personnages étaient vivants…

A ce moment un officier municipal, avec son écharpe tricolore autour de la taille, interpelle la foule :

–      « Moi, « Tricou », je vais monter pour descendre cette foutue cloche ! C’est une provocation, citoyens ! »

En même temps, une grande fille rougeaude et ronde, qui dit fièrement être la fille de Coulomi, le carillonneur, revient par la rue principale en courant. Sa mère, (la Desplats), l’a envoyée
courir le coteau et autres petits hameaux, afin de rameuter les gens pour qu’ils s’opposent à la descente de la cloche ! Elle traîne derrière elle d’autres hommes et femmes. Malgré le froid,
elle transpire. Les cheveux qui dépassent de sa coiffe blanche sont mouillés. Sa cape est défaite et tout le bas de ses grandes jupes noires est crotté. Mon voisin, à droite, un gros homme aux
cheveux longs et à la barbe hirsute interpelle l’un de ceux qui suivent la fille rougeaude :

–       « Hé ! « Bicary », qu’est-ce t’en penses ? Faut pas la descendre not’ cloche ! De quel droit ? »

L’autre le regarde, hébété, regarde le clocher, et de nouveau mon voisin. Il hausse les épaules et se rapproche du Tricou et du deuxième officier municipal qu’on interpelle aussi,
« Goudal ». Le premier joint le geste à la parole, se faufile vers le clocher, passe le porche. Il doit maintenant gravir le petit escalier de bois du clocher. Son collègue distrait la
foule pendant ce temps, essayant de la raisonner. Il lit même un document officiel, mais personne ne l’écoute vraiment.

A ce moment là également, à quelques mètres de notre groupe, un grand gars tout dégingandé, que la petite me dit s’appeler « Destieu » apostrophe un bel homme en uniforme défraichi.
Marie, ma petite voisine -enfin, je connais son prénom- me rapporte qu’il a été nommé garde national, il y a quelques semaines, qu’il s’appelle Boui, qu’il est diablement à son goût, que les
filles du village aimerait bien…

J’hésite à te raconter la suite, car c’est un peu… Bref, il saisit un peu durement le bras d’une femme. Celle-ci, surprise, s’évanouit presque.

–       « C’est la femme au Destieu, me dit Marie, va y avoir de la bagarre ! »http://www.humeurdujour.ramaje47.fr/wp-content/uploads/2013/06/Garde_national_1791.jpg

Destieu joue des coudes et s’approche de sa femme, lui commandant d’obéir aux hommes de l’ordre public. Il la relève de terre. C’est alors que l’autre officier public, Goudal, lui hurle plutôt
qu’il ne lui parle, pour dominer le brouhaha ambiant, que sa femme l’a insulté. Destieu saisit Goudal par le collet, et il faut bien quatre hommes pour les séparer. Cela a failli tourner au
drame.

Mon amie, crois-moi, j’avais les joues en feu malgré le froid mordant, et ma tête me faisait mal… Mais impossible de bouger, j’étais vissée au sol. Mais vois la suite…

Un grondement sourd stoppe net les cris, les jets de pierre et autres manifestations de colère : la cloche s’est écrasée à terre. L’église a perdu son âme.

Quelqu’un me secoue. On dirait qu’en rejoignant le sol, la cloche a soulevé un nuage de poussière et mes yeux me piquent, me brûlent. Une voix dans mon oreille se fait insistante :

–       « Ohé ! Ça va ? Vous allez bien ? »

Mes oreilles bourdonnent du silence qui fait place à la rumeur de la révolte. La petite place de l’église, lorsque j’ouvre les yeux, est vide. Le seul signe de vie, c’est cette voix à mon
oreille, qui marmonne qu’on ne doit pas s’endormir sur un banc comme çà, en plein hiver, qu’on peut « attraper » la mort, que vraiment, il n’y a que les parisiens pour faire des trucs
comme çà, etc.

Me voyant reprendre mes esprits, la silhouette à la voix fluette disparaît, tandis que je reprends possession aussi de mon corps.

Mes membres sont engourdis, j’ai mal à la nuque, et le banc de pierre me rentre littéralement dans les reins.

Alors, qu’en penses-tu ? Que m’est-il arrivé ? Je t’assure, je n’y comprends rien.

J’étais vraiment avec ces gens, je l’ai ai touchés, entendus ; j’ai vu, ressenti, senti jusqu’à l’odeur de la poussière du chemin… Oui, mais quand ? N’était-ce pas avant ces
évènements ? Ou après ?

Je me sentais si fatiguée que j’ai rassemblé rapidement mes petites affaires éparpillées autour de moi et je suis bien vite rentrée chez moi par le chemin le plus court. Tant pis pour les croquis
je reviendrai plus tard.

      (A suivre)

Très chère amie, je t’écris d’un village hors du temps… (2)

Le chemin mène à la plage où les barques attachées se balancent. Pour y arriver je dois passer devant le petit lavoir. Un toit de tuiles roses couvre l’ouvrage, mais il n’y a plus personne qui
vient laver son linge aujourd’hui et l’eau est glacée. Il y a juste ce petit gargouillis de la source qui chante…

Ladignac - entrée du village (2)Non, tu vois, j’ai choisis de remonter la « grande rue ». Une ancienne épicerie dont l’enseigne est en filigrane au-dessus de la porte, avec ses
trois petites marches d’accès a ouvert ses volets de bois. La porte est entr’ouverte et un chat noir sort en courant. La porte vitrée se referme derrière lui brutalement. Les rideaux blancs et
opaques sont remués par la violence du geste…

Je me sens si seule dans ce village déserté… Où sont les habitants. Bien au chaud chez eux. Voilà le bruit d’un moteur, un soupçon de vie. Une personne que je ne reconnais pas tant il est
emmitouflé, déboule d’une ruelle à moto. Ce bruit agressif s’estompe et le silence reprend possession du village.

Mes pas résonnent et ce bruit unique rebondi d’un côté à l’autre sur les murs des maisons.

A mi-chemin du bout du village, la rue croise une autre ruelle. Un calvaire en pierre est incrusté dans le mur de la maison qui fait l’angle. J’ai pris une photo cet été. Si je la retrouve, je te
la joindrais à ce courrier.

De l’autre côté de la ruelle, face à lui, la forge se repose. Le feu est éteint. Les outils bien rangés et le forgeron est occupé ailleurs. C’est vrai, c’est dimanche. Tous les jours se
ressemblent quand l’homme de ma vie n’est pas là. Comme tu as pu le voir, avec lui, chaque jour est rythmé par un planning de travaux et autres « choses à faire ».

Le village repose encore avant la grande messe. Tout à l’heure, la rue sera envahie de femmes endimanchées sous leurs manteaux et capes bien chaudes, d’enfants courant pour se retrouver pour une
partie de billes en attendant l’appel des cloches annonçant le début de l’office.

Mais aujourd’hui, j’ai décidé de m’attarder sur le banc de pierre, face à l’église. Je fais demi-tour et je m’assoie, rassemblant les deux pans de ma veste longue sur mes genoux. J’y pose mon
sac, ôte mes gants et sors mes crayons, mes pastels, mon carnet de croquis. J’oublie le froid. Je vais tout saisir, tout décrire avec mes traits à moi, raconter chaque instant, et mieux
comprendre la vie de ce village. Tu comprends, pour un instant, je n’écris plus, je ne photographie plus. Je me laisse envahir pas les couleurs, celles de l’hiver sur les pierres, les tuiles, les
pavés, celles des bois des dessous de toits, des portes et des volets, celles aussi des fers forgés et ouvragés, peints, écaillés, dénudés… Un bruit d’ailes, quelques pigeons sur le toit de
l’église…

L’église date du XIIIe siècle et son cimetière, recueil des âmes de ce village depuis les temps anciens. Il se tiens àLadignac - 0 l'église (2) droite. La
grille de son portail vert sombre est ouverte. Quelqu’un est-il venu ce matin déjà, pour se recueillir sur la tombe d’un père tué à la tâche, ou celle d’une femme morte en donnant la vie, ou
encore la tombe toute blanche d’un enfant à peine né et trop tôt disparu ? Pas un murmure, à peine les eaux de la rivière qui s’énervent des obstacles sur son chemin que je perçois, de temps
en temps, à cause du petit vent.

Les curieux qui veulent contempler d’une manière plus intime le bâtiment religieux, peuvent déceler les marques de tacherons sur ses pierres, empreintes laissées par les tailleurs de pierre d’un
autre temps. Savais-tu qu’une fois la pierre taillée, c’était aussi la preuve de leur ouvrage terminé pour recevoir le prix de leur peine ? Je les ai aperçues lors d’une promenade précédente
et j’ai été émue par ces cicatrices plus que centenaires épargnées par le temps. Crois-tu qu’aujourd’hui encore, les tailleurs signent leurs pierres ?

Ma chère amie, j’espère ne pas t’ennuyer… Mais c’est une aventure tellement étrange que je veux te conter qu’il faut que tu t’imprègnes bien des lieux, de l’ambiance, que tu arrives à te glisser
dans ma peau…

Mais, poursuivons…

A gauche, le presbytère, solide maison de pierre, est accueillant. Le prêtre pourtant n’y habite plus, mais un filet de fumée grise monte bien droit de la cheminée vers le ciel triste, signe de
vie. Toutes les nuances de rose et de gris des tuiles romanes du toit adoucissent cet univers minéral blanc et froid.

Je prends un crayon et ébauche la silhouette de ce lieu de prières sur la feuille vierge. J’espère être en mesure d’illustrer les transcriptions des recherches que je fais sur le village. Il est
vrai que j’ai fait des découvertes d’anecdotes dans mes visites aux archives du département. J’y ai trouvé des documents sur les habitants du village. Je te raconterai une autre fois, l’histoire
de ma maison qui est datée de 1791… C’est à cause d’elle que je me suis intéressée à ce village qui a bien voulu de nous, il y a quelques années…

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Je sens mes doigts qui
s’engourdissent un peu, et mes yeux se voilent au fur et à mesure que le croquis prend forme. Ce froid ! Dangereux de rester immobile d’un temps pareil, vas-tu me dire !

Je suis tirée de ma torpeur par des cris. On s’apostrophe, on se dispute, les voix de femmes et d’hommes ne sont pas loin, elles sont là, tout près de moi. Je n’ai pas vu venir cet
attroupement…

A suivre…

 

 

Très chère amie, je t’écris d’un village hors du temps…

Très chère amie,

Je t’écris d’un village hors du temps, Ladignac, construit sur le bord du Lot, à l’écart du grand chemin qui va de Villeneuve à Fumel.

L’hiver est là, bien installé. Il fait froid mais le temps est sec. Une journée ordinaire. Ce matin, un verre de jus d’orange, un thé léger, deux larges tartines de pain de campagne frais, sur
lesquelles j’ai étalé un peu de beurre et de confiture de fraise suffisent à mon petit déjeuner. Follette, quant à elle, après quelques caresses quémandées, avale ses croquettes et demande à
sortir comme presque chaque matin.Insurrection-a-ladignac 0632

 

Vers dix heures, je me chausse de ces chaussures si confortables pour la marche, j’enfile le pull beige de mon cher mari toujours absent pour ses affaires, celui qu’il laisse en permanence sur le
porte-manteau de l’entrée, et, dans la crainte de pluie ou de neige, j’endosse la grosse veste imperméable achetée sur le marché de Libos cet automne. Tu te souviens de ce marché ? On peut y
trouver de tout, et même, dès les premiers beaux jours, quelques volailles, lapins et canards pour repeupler poulaillers et clapiers, vidés pour les terrines et toupines d’hiver.

J’ai choisi d’emprunter le chemin de halage. Les brumes blanches et duveteuses flottent sur le Lot comme souvent le matin, s’accrochant aux branches grêles des arbres qui bordent la rivière,
comme autant de mains décharnées cherchant à ralentir l’eau fougueuse. C’est vrai que cette année, le ciel a été généreux, trop presque ! Les eaux de l’étang près de chez moi sont très hautes et
l’autre matin, j’ai aperçu un ragondin. Il faudra que j’en parle au voisin.

Sais-tu pourquoi j’aime cette promenade ? Quand mon mari est ici, nous aimons y flaner… La campagne en repos est apaisée, calme. Aucun bruit de moteur, les tracteurs sont remisés pour quelques
semaines encore. J’entends les croassements des corbeaux freux, « croa, croa ». Ils se disputent les rares proies prises dans les champs en sommeil.

peupliers blancsDans un bosquet de peupliers blancs, le long de la berge, des pies jacassent bruyamment autour d’un arbre où un vieux nid se déconstruit au plus haut des branches. Un peu tôt
encore pour les amours !

Les cris des oiseaux et le chant de la rivière sont les seuls bruits décelables dans ce tableau dont je fais partie. Un instant, je me dédouble dans l’intention fugace de peindre ce tableau.
Amusant non ? Tu as toi l’art de peindre au bout des doigts… Peux-tu imaginer cette toile ?

Je chemine le long de la berge, m’approchant doucement du cœur du village. J’ai laissé Lustrac, son moulin, son château et son histoire loin derrière moi.

Me voilà devant le monument aux morts.

L’ancienne auberge signale l’entrée du hameau. Elle est à peine restaurée. On devine l’ancienne terrasse accueillante où une tonnelle recouverte de glycines odorantes abritait quelques tables et
bancs de bois. Sur son bord, côté place, les souches de trois ormeaux qui avaient un âge respectable du fait d’une circonférence importante. Quel dommage que cette essence soit victime de cette
maladie fongique, « la maladie des ormes ». Un insecte qui transporte un champignon pour pouvoir digérer le bois… Et rien pour arrêter cette maladie !

Trois cents âmes vivent dans ces maisons de pierre qui ont toutes une histoire. Ha ! Si les murs pouvaient parler, ils auraient bien des choses à raconter !

J’ai hésité. Prendre le chemin de droite ou la rue principale à gauche ? Toute la vie on hésite… Faire le bon choix. Mais là, rien de grave dans mon choix, n’est-ce pas ? Une rue ou une autre. Et
pourtant…

 

      A suivre

Certains, certaines, connaissent ce texte. C’est l’un de mes premiers, avant, avant… Lors de ma première vie ici, en Lot-et-Garonne. Présentée à un concours de nouvelles en région
parisienne, je n’ai pas été primé pour le texte, qui, je l’avoue n’était pas très bon, mais l’histoire me plait, m’inquiète et vous plaira peut-être…

J’ai tenté une réécriture sous la forme d’une lettre… à une amie très chère.

Énigme des pierres gravées… Les recherches continuent…

Énigme des pierres gravées… Les recherches continuent…

Il pleut. La terre exhale cette odeur de terre caractéristique des premières pluies en saison sèche. La température est brutalement tombée…Dix degrés… Brrrr ! J’ajuste mon châle et pour la première fois depuis longtemps, je déjeune à l’intérieur. Ce matin la terrasse reçoit une brise trop fraiche et ma nuit trop courte  me rend encore plus frileuse.

Les journées du patrimoine sont en fin de semaine… Le besoin de documentation est si fort que je veux me rendre aux archives départementales. Une de mes amies m’accompagne. Pour elle, c’est une première… Elle ne connait pas encore ce milieu de tous les possibles… J’espère qu’elle ne sera pas déçue !

 

Au programme, des recherches sur la Compagnie des chemins de fer d’Orléans, et la création du tronçon Paris – Agen, les magnifiques cartes-terriers faites par on ne sait qui, dans la deuxième moitié du 18ème siècle, et si je peux encore « farfouiller » dans le fonds de la Comtesse de Raymond… je le ferais : les familles D’Albert de Laval, de Lustrac et de Pontajon… et d’autres qui croisent celles que j’étudie.

 

Lors de la consultation d’une des cartes-terriers, je cherche si la maison des signes qui me passionne tant, existe déjà. J’ai trouvé le « tènement » en question, mais il n’y a pas
encore de bâtiment….Voilà donc un début de piste.

 les-pierres-2699.JPG

La présidente de salle m’interpelle :

-« Dites, ce n’est pas vous qui m’avez adressé un message par Internet au sujet de signes sur une maison ?»

Surprise, je réponds que oui, c’était bien moi.

-« Alors, avez-vous du nouveau ? »

Je lui raconte mon dernier contact avec la propriétaire par téléphone… Mais lui affirme que, malgré ma déception, je n’ai pas dit mon dernier mot !

Elle-même semble pensé que la personne a pu être influencée par quelques signes déjà existants, et qu’il faut persévérer. Ces quelques paroles réconfortantes me font du bien.

Je suis à nouveau toute excitée par le sujet et termine mes recherches pour la journée, la tête pleine de nouveaux projets !

A suivre…

 

Télégramme à un ami… Un objet bien étrange…

Teddy Duchemin – site de XXXX – XXXXXXXXX – Egypte

Nouvelle affaire de signes… STOP… As-tu déjà vu ces signes… STOP… Dis-moi ce que tu en penses… STOP … J’aimerais bien avancer dans mon enquête… STOP… Bises.


COTE-FACE-001--2-.jpg
J’ai envoyé un télégramme à un ami qui réside en
Egypte via le N° Vert 0800 33 44 XX chez Orange, car je ne sais plus quoi faire… Là où il fait ses recherches, Internet ne passe pas.

J’aurais une réponse dans quelque jours je l’espère.
Mais vous qui me lisez, qui suivez avec fidelité l’avancement de mes travaux, avez-vous une idée de ce que ces signes veulent dire ?
COTE-PILE--2-.jpg

Il est très beau ce bijou. Ancien. Début XXème peut-être ? La seule chose dont je suis sure, c’est que c’est un scarabée. Sur son ventre il y a une bien étrange écriture. Est-ce un cartouche
stylisé ? Et en quoi est-il fait ? Pierre très dure, que l’on peut rendre brillante…  Une tourmaline noire ? Une pierre que je ne connais pas, surement.

Je suis completement perdue.

J’ai envi de le porter… Je vais le porter, juste le temps d’acherter un cordonnet noir pour le mettre à mon cou. J’espère que ce n’est pas une pierre maléfique…

Ho, j’ai trouvé un site sur internet sur le symbolisme… mais  aucune indication sur celui ou ceux qui ont créé ce site. Décidement… pas de chance car il ne cite pâs ses sources.

Je vous tiens au courant ! Aujourd’hui, rien de bizarre.

Osmie cornue est venue chez moi…

L’Osmie cornue. Je viens de la voir sortir de chez moi. Mes fenêtres grandes ouvertes, ne sont pas protégées pas une moustiquaire. C’est donc en toute impunité, que ces dames, et un grand nombre
d’autres personnages volants non identifiés, vaquent à leur occupation !

Alertée par un bourdonnement intempestif, Follette et moi, levons la tête. Et, zou ! Une de ces créatures investie un joli trou bien rond, vide depuis des lustres, d’une poutre âgée. Tiens,
me dis-je, je passe des pierres au bois… Me voilà distraite pour un bon moment, cherchant un escabeau afin d’aller voire cela de plus près. La poutre aussi vielle que cette « vieille dame
de maison », n’a pas vu d’habitant depuis très longtemps car elle était bien cachée dans des vieux plâtres tombant d’un sinistre plafond. Elle a revu le jour et bien enduite d’un tas de truc
pour la protégée, coulait une nouvelle vie tranquille.

C’était sans compter sur l’osmie cornue. Petite dame aux poils denses et roux, elle est sauvage et solitaire et ne semble pas agressive. Ouf, heureusement !

Elle est aussi de la famille des abeilles, donc surement utile…

Bref, c’est la première aussi de sa famille à s’activer dès mars…Et je crois que si j’avais été plus attentive, j’aurais pu la voir naître et sortir de son trou !

Si vous au aussi, rencontrez cette « squatteuse » chez vous et que vous voulez en savoir plus, sans pour autant la détruire, je vous invite encore une fois à suivre ce lien

Allez, assez « baguenauder », je me remets à déchiffrer ce courrier reçu hier… Ah oui ! J’ai oublié de vous dire, dans ma boite aux lettres, j’ai trouvé une grosse enveloppe kraft avec des copies
de documents anciens et un tout petit objet. Mais je vous en reparle dès que possible…

Belle journée ensoleillée pleine de bzzzzzzzzzzzzz !photo-du-trou-de-OSMIE.JPG

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Xylocopa violacea ou… l’abeille charpentière…

Durant mon enquête, sur les pierres énigmatiques, lorsque j’ai remonté le petit cours d’eau de Fon Goudal sur lequel je
savais trouver les ruines d’une moulinate, j’ai pris le temps d’examiner le peu de pierres d’angles ou d’encadrement visibles ou encore debout, à la  recherche d’un indice. Mais rien
!

Revenant vers le manoir des Ondes, non loin de l’imposant bâtiment j’ai fait une curieuse rencontre…

Comme à chaque retour de circuit d’exploration, je vide ma carte Compactflash sur mon ordinateur et je visionne de façon
méthodique tous mes clichés.

Je me rappelle que la petite arche n’a révélé ses gravures que sur la photo ! Je ne les avais pas remarquées lors de
la prise !

Je m’arrête sur la photo numéro 2896 : Au moins trois centimètres (3 cm) de long, entièrement noir avec des reflets
bleu métallique, et avec des pates aussi poilues que celles des mygales… Voilà une drôle de rencontre et une curieuse bestiole !

Enfin, après quelques recherches fructueuses d’après les deux-trois photos de la « belle » (je n’ai surtout pas
voulu déranger cette sombre inconnue), j’ai enfin trouvé qui se cachait derrière cette apparence un peu inquiétante…


 

quel-est-cet-insecte.jpg

Je vous présente l’abeille charpentière… C’est l’un de nos plus gros et plus impressionnants Hyménoptères (famille des
abeilles, guêpes, bourdons…). Si vous voulez en savoir plus et bien allez voir  et aussi … et encoe … chez over-blog !

la-faune-2896.JPG

Ouf ! Bon je reprends le cours de mes investigations.

Après le véto, pour Follette, séance de dessin. Je vais essayer de reproduire tous les motifs.

Le volet de la boite aux lettres vient de claquer. Tiens, déjà le facteur ? Non ce n’est pas lui. Je vais allez voir ce
que l’on vient de mettre dans ma boite…

Les pierres gravées, est-ce bien encore une énigme ?

Ce matin,  je suis en forme. J’avais décidé hier de récupérer la grande chambre où je dors mieux. Tête au nord, matelas plus confortable. J’ai donc délaissé la chambre jaune. Des draps propres et qui sentent le frais ont accompagné mon sommeil cette nuit et c’est pour cela, sans doute, que je me sens en pleine forme !
En prenant mon café, je relis mes notes. Puis je me remémore les deux appels téléphoniques d’hier soir. Je n’ai pas pu résister et attendre ma visite au cadastre était insupportable. J’ai joins la secrétaire, une personne serviable et qui connait très bien sa commune. Elle s’est souvenue du nom des propriétaires et leur lieu de résidence, à quelques kilomètres de là. Rechercher dans les pages jaunes sur Internet, un jeu d’enfant. Et voilà mon second appel. Le cœur battant, en composant le numéro, je suis pleine d’espoir, j’imagine les réponses que je souhaite entendre…
A quoi pouvais-je m’attendre ?
La dame qui me répond bien gentiment se moque un peu de moi… 
– « Ah oui… Cà ? Oh, cela fait une vingtaine d’années seulement, ce n’est pas vieux… Des locataires… Un homme jeune et sa mère âgée… Il nous a fait tout çà…  On n’a pas bien aimé, mais que
voulez-vous… Il n’avait pas toute sa tête à ce qu’il parait, me dit-elle… « 
Et je lui dis ma déception, mais je l’entends rire doucement… Bon, c’est bien dommage lui dis-je avant de la saluer et raccrocher.
Sur mon calepin, le téléphone et l’adresse. Et puis les noms des symboles déchiffrés que j’ai trouvés sur un site :
Sceptres
La crosse (Heka) : pharaon conduit son peuple comme le berger ;
Le flagellum (Nekhekh) : arme symbole de protection ;
Le sceptre divin (Ouas) : longue canne à l’extrémité fourchue réservée aux dieux ;
Le sceptre sekhem : en forme de papyrus, réservé aux dignitaires ;
La croix ankh dite « croix de vie ».
Des dessins accompagnent les définitions et quelques uns sont surs les murs, mes murs… mes pierres…
les-pierres 2670  les-pierres 2703 (2)
   
Cela ne me sert pas à grand-chose et mon coup de fil a démonté tout l’échafaudage de mes théories…
Je remonte les quelques pages du calepin machinalement…
Le dessin de l’arche avec ses 3 symboles apparait… L’espoir me reprend, et je jubile intérieurement… Des symboles identiques, il y en a sur les murs extérieurs de la maison. Et tout haut, je
m’écris, là je suis sûre que ce n’est pas le locataire qui a fait ces gravures dans la pierre… C’est un édifice public, un pont, sur un tout petit ruisseau, ok, mais un pont quand même… A
plusieurs kilomètres l’un de l’autre…
Il est 9 heures et je m’apprête à sortir. Permanence à la bibliothèque… J’ai des tonnes de choses à raconter aux filles de l’équipe des bénévoles… Pourvu qu’elles viennent ce matin.
L’espace d’un instant, je crois voir un flash. Et une voiture démarre brutalement devant mon portail…
 

Énigme des pierres gravées… réalité ou fiction ?

Aujourd’huin 13 heures. Je suis retournée sur les lieux.   extrait-maison-retroviseur-2.jpg

J’ai fait le tour de la maison. Il n’y a personne. Mais les propriétaires cultivent les champs qui l’entourent. La maison est comme sur un ilot. Bientôt elle sera isolée dans une mer d’épis de
blé. De la route à la maison, le chemin est court. La façade est étroite. Un vilain escalier en ciment amène le visiteur à l’étage. Mais tout est fermé.

J’ai décidé de forcer le destin. Les signes trouvés sur ces pierres excitent ma curiosité… J’ai embarqué mon Canon car il est hors de question de repartir d’ici sans de nouveaux clichés.
Quelques prise-de-vues de l’ensemble, quelques gros plans et je m’en vais. Mais maintenant que je suis là, où que je pose mes yeux, il y a un symbole gravé…je ne m’attendais pas à voir autant de
signes. Je rêve toute éveillée. La première fois que j’ai toqué à la porte de cette maison, – une enquête publicitaire missionnée par une entreprise locale -, je n’ai même pas remarqué ceux qui
entouraient la porte ! Il y a surement une explication… J’entame un découpage méthodique des murs, pierres d’angle, linteaux… Et je vais de surprise en surprise. C’est curieux, parfois certains
signes ont l’air d’avoir été fait il y a très peu de temps et d’autres, semblent presque effacés, victimes des intempéries, c’était évident !

croix sous le lierreA certains endroits, le lierre
parti à l’assaut du mur a fait disparaitre, là une croix de vie égyptienne, là, une croix templière… Voilà, je repars, ma mission accomplie, ma carte Compactflash neuve peine de vues
mystérieuses. J’espère ne pas avoir trop attiré l’attention du voisinage. Je passerai demain au cadastre en mairie pour en savoir un peu plus sur le lieu… Il faut que je contacte les
propriétaires… Et je mettrai quelques clichés sur internet pour savoir si quelqu’un a déjà fait des recherches sur ce type de marques.

En repartant, je remarque d’autres pierres adossées sur les troncs des deux gros arbres de l’entrée du jardin…Sur l’une d’elle, en creux, un blason abrite une magnifique fleur à quatre pétales.
Une voiture roule doucement. Je me sens observée…

les-epees.jpg    les-pierres-2724.JPG