Mode « Stand-bye »…

Voyez ami, comme certains poètes savent bien dire les choses qui vous habitent….

Cogitations

IMG_9615Et s’usera le temps
au rythme des saisons.
S’useront mes printemps.
Et moi… je reste…

Je me voudrais marée
au rythme imperturbable.
Je me voudrais jetée.
Ou je me voudrais sable.

Et s’useront mes rêves.
Et s’usera ma joie.
S’useront mes combats.
Et s’usera ma sève.

IMG_0732Je me voudrais étang
à surface de moire
où les aubes et les soirs
se mirent infiniment..

S’usera ma gaieté.
S’useront mes attentes.
S’useront mes projets.
S’useront mes tourmentes.

Je me voudrais le vent.
Je me voudrais la mer.
Je me voudrais le temps
au rythme de la terre.

CIEL DORAGE ET SOLEILS’useront les images
qu’on garde au fond de soi.
Et s’useront les pages
qu’on se fit pas à pas.

Alors tel un vieux loup
au bout de son chemin,
je me voudrai caillou
au rythme de plus rien !

Esther Granek, Je cours après mon ombre, 1981

La poésie, un prétexte à photo…

Ma maison est assise au vent… de Cécile Sauvage (1909)

Tirée du recueil « Mélancolie ».

Ma maison est assise au vent
Dans une plaine sombre et nue
Comme un tombeau pour un vivant
Où s’agite ma chair menue.

Les longs brouillards viennent frôler
Au soir ma porte solitaire,
Et je ne sais rien de la terre
Que ma tristesse d’exilé.

 

Brumes sur le Lot - Automne 2015

Se délecter des mots des automnes en vers…

Brumes sur le Lot 2-reduitVoilà que je relis les vers d’Anna de Noailles qui viennent illustrer quelques-unes des photos de mes dernières balades…

Tout comme le printemps, j’attends cette saison avec délice, espérant ses couleurs magnifiques et chaudes, goûtant la tiédeur d’un soleil émergeant des brumes matinales, foulant avec les souvenirs de ma jeunesse, les feuilles mourantes qui sacrifient leur vie pour le renouveau de la terre…

Premieres couleurs d automne-reduitAvant d’ entrer en octobre, pour vivre, peut-être, un bel été indien… regardons encore septembre !

L’automne 

Voici venu le froid radieux de septembre :
Le vent voudrait entrer et jouer dans les chambres ;
Mais la maison a l’air sévère, ce matin,
Et le laisse dehors qui sanglote au jardin.

Comme toutes les voix de l’été se sont tues !
Pourquoi ne met-on pas de mantes aux statues ?
Tout est transi, tout tremble et tout a peur ; je crois
Que la bise grelotte et que l’eau même a froid.

Les feuilles des trembles meurent sur l eau...
Les feuilles des trembles meurent sur l eau…

Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s’envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin
Elles iront mourir sur les étangs demain.

Le silence est léger et calme ; par minute
Le vent passe au travers comme un joueur de flûte,
Et puis tout redevient encor silencieux,
Et l’Amour qui jouait sous la bonté des cieux

S’en revient pour chauffer devant le feu qui flambe
Ses mains pleines de froid et ses frileuses jambes,
Et la vieille maison qu’il va transfigurer
Tressaille et s’attendrit de le sentir entrer.

Anna de Noailles, Le cœur innombrable

 

La poésie, comme un prétexte aux photos…

 

Eté 2015 - Le rosier blanc grimpant de Gavaudun
Eté 2015 – Le rosier blanc grimpant de Gavaudun

L’odeur de rose, faible, grâce au vent léger d’été qui passe, se mêle aux parfums qu’elle a mis.
Paul Verlaine (1844-1896)

J'ai voulu ce matin te rapporter des roses...
J’ai voulu ce matin te rapporter des roses…

Les roses de Saadi

J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;
Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes
Que les nœuds trop serrés n’ont pu les contenir.

Les nœuds ont éclaté. Les roses, envolées
Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.
Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ; 

...La vague en a paru rouge...
…La vague en a paru rouge…

La vague en a paru rouge et comme enflammée.
Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée…
Respires-en sur moi l’odorant souvenir. 

Marceline Desbordes-Valmore

Rupture

 Je n’ai pas eu le courage de publier cet article il y a… longtemps… Disons que je cherchais une illustration qui convienne ! Un état d’âme dans humeur du jour dont je dois me débarrasser… 

Voilà que le soleil pointe le bout de son nez, alors je lui fais une place dans mon coeur pour y accueillir ceux qui m’aiment…

« Rupture », un texte d’Esther Graneck, poétesse que j’affectionne…

IMG_2907 (2) J’effacerai le temps
J’effacerai les jours
Mais je sais qu’au retour
J’irai me questionnant

Voilà
J’ai les mains vides
Vides sont mes mains
Vides
Parfois je les regarde, stupide
Et les feuilles tombent dans l’air limpide
Encore une fois

J’effacerai les places
J’effacerai les traces
Me faisant un espace
Dont tu seras absent

Encore une fois
Voilà
J’ai les mains vides
Et du creux de mes paumes arides
S’échappent fuyant entre mes doigts
Les restes d’un espoir pesant

IMG_2908 (2)J’effacerai les peines
J’effacerai les joies
Notre route bifurqua
Et chacun eut la sienne

Voilà j’ai les mains vides
Vides sont mes mains
Vides
Et les feuilles tombent dans l’air limpide
Encore une fois

Esther Granek, Ballades et réflexions à ma façon, 1978

La Saint-Valentin… (XIX°-XX° siècle)

J’ai découvert ce charmant poème champêtre dans un petit recueil édité en 1927 par l’imprimerie parisienne Mouillier et Dermont.

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La Saint-Valentin

Auguste Angellier, né en 1848 à Dunkerque, mort en 1911.

Février vient, c’est la Saint-Valentin[1],
Févier vient, il fait rougir[2] les saules,
Et, sous les rais[3], d’un soleil argentin
Encor frileux découvre ses épaules.

Tous les oiseaux, c’est la Saint-Valentin,
Tous les oiseaux, rouges-gorges, fauvettes,
Merles, geais, pics, tout le peuple mutin[4]

Se réveillant, c’est la Saint-Valentin,
Se réveillant, et secouant leurs plumes,
D’un fou désir et d’un vol incertain
Se sont cherchés dans les dernières brumes.

Dans les buissons, c’est la Saint-Valentin,
Dans les buissons, les lierres et les haies
Où le houx vert offre un rouge festin,
Dans les roseaux, les halliers[5], les coudraies,

fleur149Dans les vieux murs, c’est la Saint-Valentins,
Dans les vieux murs pleins d’heureuses nouvelles,
Ce fut des cris, des chants, un bruit lointain
De gazouillis et de battements d’ailes.

(Poème extrait de « Le chemin des Saisons » – Hachette éditeur).

J’ai découvert ce charmant poème champêtre dans un petit recueil édité en 1927 par l’imprimerie parisienne  Mouillier et Dermont


[1] La saint-Valentin se fête le 14 février. Elle est l’occasion de réjouissances pour les garçons (les Valentins) et les jeunes filles (les Valentines).
[2] Les bourgeons rouges des saules.
[3] Les rayons.
[4] Vif et querelleur.
[5] Les fourrés, haies, massifs…

Une halte pour un hommage à Line, une année que tu es partie…

Pour les ami(e)s qui connaissait Line, elle reste présente dans nos cœurs… Toujours choquée de sa disparition brutale…

Une HALTE pour elle, dans un univers poétique corse, son univers. Un texte (citation) où l’on parle des haltes du temps… Un extrait du livre de Norbert Paganelli illustré des photos de Joseph Nicolaï, « un sel d’argent » (Mimoria arghjintina)

 - Annonce du décès de Line-22 janvier 2013
– Annonce du décès de Line-22 janvier 2013

 Circulaire
Les années courtes enchâssent les haltes du temps
Années lumière
Années communes
Celles auxquelles on se réfère
En songeant à voix haute

Un peu comme si tout devait recommencer.

Bientôt, en savoir plus sur l’auteur, Norbert Paganelli

 Je vous souhaite une belle journée !

[youtube]http://youtu.be/xiJQTa1bDy8[/youtube]

Une petite pose s’impose le temps…

D’un p’tit voyage…

Mais ce n’est pas dit que je ne vous lise pas, ni qu’un matin, comme çà, je ne me « lâche » en un billet, discret… Ici ou là, ou là encore…

8a3da4e2Follette se joint à moi pour vous souhaitez, amin@utes, administrateurs(trices) et animateur(trices) de tous univers, de joyeuses fêtes, comme le veux la tradition de ces temps ! Voici quelques vers pour honorer les sapins, pourquoi pas ?… 

Les sapins

Les sapins en bonnets pointus
De longues robes revêtus
Comme des astrologues
Saluent leurs frères abattus
Les bateaux qui sur le Rhin voguent

Dans les sept arts endoctrinés
Par les vieux sapins leurs aînés
Qui sont de grands poètes
Ils se savent prédestinés
À briller plus que des planètes

jnoellÀ briller doucement changés
En étoiles et enneigés
Aux Noëls bienheureuses
Fêtes des sapins ensongés
Aux longues branches langoureuses

Les sapins beaux musiciens
Chantent des noëls anciens
Au vent des soirs d’automne
Ou bien graves magiciens
Incantent le ciel quand il tonne

MP900446423Des rangées de blancs chérubins
Remplacent l’hiver les sapins
Et balancent leurs ailes
L’été ce sont de grands rabbins
Ou bien de vieilles demoiselles

Sapins médecins divaguant
Ils vont offrant leurs bons onguents
Quand la montagne accouche
De temps en temps sous l’ouragan
Un vieux sapin geint et se couche

Guillaume Apollinaire

A bientôt !

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Je sais qui a pris le soleil…

J’ai lu ces vers et j’ai compris… Vous me direz… Vous connaissez ???

les-chats-2448.JPG Le chat ouvrit les yeux,
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux,
Le soleil y resta.

 

 

 

les-chats-3440.JPGVoilà pourquoi, le soir,
Quand le chat se réveille,
J’aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil.

Poésie de l’enfance, de.. de… Maurice Carême (1899 – 1978) !
Il abandonna son métier d’instituteur pour se consacrer totalement à l’écriture poétique en 1942.

Bon pour Follette,
C’est pas elle…
Ses yeux sont plutôt bleus…

Mais je connais des chats….
Ils sont toute un bande…
Et c’est eux qui l’ont pris.

Alors soyez gentils avec eux
Pour qu’ils nous en rendent un peu !

 

Humeur morose d’un jour de pluie… Boris Vian, J-L Trintignant, Daniel Mille…

 

daniel mille encerra maio lindo

220px-Boris_Vian.jpg
  
220px-Jean-Louis Trintignant Cannes 2012
 

(Sources photographiques : Daniel Mille :http://myrebirth.fr/2010/05/10/daniel-mille-new-morning-concert-new-morning-mardi-25-mai-2010-paris-jazz/Jean-Louis
Trintignant : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Trintignant et Boris Vian : http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vian)

Journée mélancolique vers les pages blanches de mon cahier noircit à l’encre, remplit de mes mots, de mes maux, ceux qui viennent comme ça, sans crier gare et coulent au bout de ma plume, ces
mots qui se glissent dans ma gorge, qui étouffent et blessent en franchissant mes lèvres, et me forcent à les coucher sur les lignes de mon cahier, mouillés et noyés par mes larmes. Ces mots
couchés, penchés, en pleins et déliés, comme ceux sur le cahier de cours préparatoire, à l’encre violette et plume d’acier, où déjà, larmes de chagrin, la difficulté d’écrire avec ce bout de bout
entre mes doigts tachés, larmes d’orgueil blessé, se mêlent à l’encre, cette ancre qui m’entraîne au fond… de ma rivière chagrin… Déjà elle m’avait attiré, elle avait su… Et entre deux eaux, j’étais entre deux mots, entre deux rives entre deux, entre eux,
dans eux… Ces mots que je crie en silence.

Travail sur les mots… Tout va bien.