Catégorie : Instants de poésie

Humeur morose d’un jour de pluie… Boris Vian, J-L Trintignant, Daniel Mille…

 

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220px-Jean-Louis Trintignant Cannes 2012
 

(Sources photographiques : Daniel Mille :http://myrebirth.fr/2010/05/10/daniel-mille-new-morning-concert-new-morning-mardi-25-mai-2010-paris-jazz/Jean-Louis
Trintignant : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Trintignant et Boris Vian : http://fr.wikipedia.org/wiki/Boris_Vian)

Journée mélancolique vers les pages blanches de mon cahier noircit à l’encre, remplit de mes mots, de mes maux, ceux qui viennent comme ça, sans crier gare et coulent au bout de ma plume, ces
mots qui se glissent dans ma gorge, qui étouffent et blessent en franchissant mes lèvres, et me forcent à les coucher sur les lignes de mon cahier, mouillés et noyés par mes larmes. Ces mots
couchés, penchés, en pleins et déliés, comme ceux sur le cahier de cours préparatoire, à l’encre violette et plume d’acier, où déjà, larmes de chagrin, la difficulté d’écrire avec ce bout de bout
entre mes doigts tachés, larmes d’orgueil blessé, se mêlent à l’encre, cette ancre qui m’entraîne au fond… de ma rivière chagrin… Déjà elle m’avait attiré, elle avait su… Et entre deux eaux, j’étais entre deux mots, entre deux rives entre deux, entre eux,
dans eux… Ces mots que je crie en silence.

Travail sur les mots… Tout va bien.


Hommage à Teri Moïse, à la femme… En partage, 2 vidéos.

Pas de mots…

Juste ces deux vidéos pour le souvenir, de si jolis textes… Une voix chaude et envoutante…

Et je n’arrête pas de pensé qu’elle, elle devait être bien seule..

A bientôt !

 

 

 


Pour vous, Le « green » de Paul Verlaine…

Ce titre… Green… Du vert des gazons anglais des terrains de golfs, son sens premier peut-être, au sens de naïf, jeune, inexpérimenté…

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Source Gallica :
Auteur : Carrière, Eugène (1849-1906)
Auteur : Anonyme Date[s.d.]
Sujet : Verlaine, Paul (1844-1896) — Portraits Format 62,3 x 50,3 cm ; 51,7 x 40,2 cm (au trait)
Source : Numéro d’inventaire ENSBA : PC 27072 ;
Dépôt légal (reversement) : Ministère de l’Instruction publique
Date de numérisation : 2002
Nombre de vues 1
Cote : NUM EST 7930
Bibliothèque d’origine Service des collections de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts
Catégorie : Estampes : Portraits

 

La recherche du pardon de sa femme Mathilde, qui l’attend ? Qui l’abandonne ? Qui ne veut plus de lui ? Qui sait ? Personne. Qu’a-t-il réellement dans la tête lorsqu’il écrit
ces vers… Qui sait ? Personne…

On peut faire toutes les études littéraires que l’on veut, à moins d’interroger Paul Verlaine, lui-même (et encore, s’en souviendrait-il vraiment), on ne saura jamais vraiment ce qu’il a en tête,
lors de l’écriture de ce texte… Tout est confus… Il est en angleterre, il a croisé le chemin d’Arthur Rimbaud… On sait seulement avec certitude, qu’il écrit à Mathilde, souhaitant un pardon comme
un enfant en faute…

Je suis très émue de ce Paul Verlaine désemparé, le petit garçon dans l’homme qu’il était, ces mots si joliment choisi… Période anglaise où il écrit d’autres vers, pas toujours très gaies…. Je
crois qu’il faut être profondément malheureux pour pouvoir écrire des poèmes émouvants et sachant toucher le cœur ! La peine, le chagrin rend créatif… 

Un partage comme un autre ! La voix de Susan Graham, sur la musique de l’un des trois musicien ayant mis en musique ce poème, Reynaldo Hahn (Savez-vous qui sont les deux autres (*)? )

 Belle journée de printemps…

 

 

 

(*) Claude Debussy, Gabriel Faure


Promenade matinale…

JARDINS-1878.JPGSept heures. Le soleil m’appelle au dehors
Derrière la haie, il se pointe, rosé et déjà fort.
Je voulais être là, le surprendre au lever
Mais je crois que cette fois encore c’est loupé !

Je décide quand même de prendre le chemin
Et en haut de la route, je me jure que demain
C’est moi qui le surprendrai, sans me cacher
Par ma boite à image, en un seul cliché.

 

 

JARDINS 1914 maitre canette sur un arbre perchéEt je mets à profit ma balade matinale
Glanant ici et là quelques vues pas banales…
J’aperçois là, Maître Canette sur un arbre perché
Qui n’avait jamais cru pouvoir là, se poser !

 

 

 

JARDINS-1916-calin-de-printemps.jpgPlus loin,
dans l’allée, au milieu des pruniers
Ils ne se cachent plus. Ce n’est pas compliqué
De saisir leur étreinte, celle de deux pissenlits
Qui bientôt disperseront leurs aigrettes jolies…

 

 

JARDINS-1898.JPG

 

 

Et voilà le roi, le plus imposant des jardins,
On l’envie pour ses ramures visibles de très loin…
Je le laisse et retourne d’un bon pas, où bien installée,
Chez moi, sur la terrasse, je boirais mon café…

 

 

 

JARDINS 1942Dans le vase, une tulipe héberge une araignée
Un papillon, sur la fenêtre, fait une halte méritée.

 

 

Voilà une belle journée qui commence…

JARDINS-1954.JPG

 

Une bulle, un mot… Les mots jetés comme çà…

La semaine dernière, participation à un « atelier d’écriture » organisé par la Bibliothèque départementale de Lot-et-Garonne intitulé, “écriture et expérience corporelle”…

Les mots comme un prolongement du corps, du bras, de la main.

En fin de séance, allongée sur le dos dans une position un peu inconfortable pour moi, les yeux fermés : jeter les mots qui viennent spontanément, sur une feuille de papier…

J’ai ramené mes mots sur ma feuille de papier, décidée à en faire quelque chose, que voilà !
(Mes mots sont en italique).

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Une bulle, un mot.
Prolongement du corps.

Plop ! Plop !

Emoi, voix, cela pourrait rimer…
Et là, étendue sur le dos, je souffre de cette position allongée. Je ferme les yeux.

Plop ! Plop !

Battements du cœur. Je les sens dans mes oreilles…
Est-ce le tintement de l’âme, de mon âme ?
Lumière… Étincelle… La vie qui rejaillit, peut-être !
Le clou, l’oreille… Soin de mon corps, il faut le faire ! Je dois le faire.
Deux, dix… pourquoi ces nombres ?
Le deux, le couple, je suis un élément du couple.
Mais dix-moi. Quoi ? Toi, moi. Et eux ? Ils sont huit… Je ne sais pas.
Les mots volent…

Plop ! Plop !

Et encore, allongée, prisonnière de mon corps, les mots, eux, s’évadent…
Tempête, folie… C’est comme cela, en moi ?
En moi la colère, c’est sûr, d’où cette tempête dans ma tête !
Et je crache la folie pour qu’elle ne me retienne pas.
Je me redresse et jette encore des mots, comme pour m’en débarrasser…
Le souffle court je cours vers l’étang,
Où la longue lumière m’attend, dessus ? Dessous ?

Plop ! Plop !

La frontière est si mince…
Une libellule passe, fait un écart, m’invitant à la suivre….
Il est absent, je suis absente… D’ici.
Où suis-je ? Mes yeux sont fermés encore.
C’est le silence, Isolée, dans mon intimité, je perçois le froissement des feuilles de papier…

Plop ! Plop !

Me mettre sur le flanc, moins souffrir dans ce corps qui n’est pas le mien.
Je me rappelle, avant, avant…

Plop ! Plop !

LA-VAGUE-EN-VERT--2-.jpg

La vague qui veut m’emporter,
Le vague à l’âme ! M’y revoilà, mon univers vide du dedans…
Mon terrain vague.
Non, rien.
Envie, de plume… Légèreté. Mon contraire. En concave, en convexe… Envie d’écrire ?
Le miroir noir…Non, rien.
Rires… Fou rire, rire jaune, rire à contrecœur, à gorge déployée… et rire aux larmes !
Rire à s’en donner mal au ventre, non rien !

C’est fini, je me relève ! Je reprends pied dans l’autre vie.


Dix ans déjà… Et je n’ai rien accepté…

jour-bapteme-Jerome.jpgDix ans déjà…
Et je n’ai rien accepté.
Un au revoir pour tes vingt-cinq printemps…
Une chance ? Un cadeau du ciel ?
Je ne saurai jamais.

Mais je ne peux me résigner.
En moi, toujours la colère…
Elle gronde sourdement au bord de ma raison.
Elle me tue, pas toute entière,
Par endroit seulement.
Et puis, tu m’en voudrais si j’allais te rejoindre…
Dans cette aube où blanchit la campagne…
Et toi ? M’attends-tu ?
Aucune certitude.
De l’espoir peut-être, là où la colère n’est pas !

O jour funeste, ton ensevelissement…
Et personne ne voit
Le sourire sur tes lèvres,
Tes yeux qui ne s’ouvriront plus,
Mes larmes qui ne se tariront jamais…
Et je ne vois plus rien,
Et je ne vois personne…
Chaque pas vers ce lieu, attise ma souffrance.
Il faut marcher pourtant, il faut t’accompagner
Vers cet endroit de paix plein de fleurs, d’oiseaux et de tranquillité.

JEROME-bis.jpgPardon à tes amis, tes amours,
Pardon à tous ceux-là présents par amitié
Et ceux aussi venus pour nous dire
Qu’ils nous aiment par-delà toutes nos différences…
Pardon aussi à toi, mon amour, père de notre petit disparu,
Et à vous mes enfants, qui étiez dans son ombre…
Levons bien haut la tête,
Rions, chantons, pour que dans nos délires,
Nos rêves, nos fêtes,
Une place lui soit toujours réservée.

Dix ans déjà…
Et je n’ai rien accepté,
Sinon que dans mon coeur, tu aimes te cacher.

exportvictor hugo

En partage,avec Monsieur Victor Hugo… Vous savez…  ces très beaux vers, pour sa fille défunte…. Le poème est daté du 4 octobre 1874… 
A consulter… Les Contempaltions… 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Fonds Victor Hugo. II -- ŒUVRES. Les Contemplations.
Fonds Victor Hugo. II — ŒUVRES. Les Contemplations.
Source: gallica.bnf.fr

Un clic sur la photo pour un agrandissement et lieu ou ces textes sont visibles..;


Février, mon ami…

Quelques dictons pour patienter et réfléchir…

Suite à la lecture des vers de Didier, j’ai
eu aussi envie de parler de février :

L’an passé, il y avait un 29
février
et un billet, j’avais créé…
Alors, l’idée est née, de quelques dictons vous livrer !

Si tu tailles en février, tu mets raisin dans ton panier.



La scène est d’une ferme clôturée avec
une maison sur la gauche, une grange au centre et, sur la droite, quatre ruches et un pigeonnier. Dans la maison, une femme et deux jeunes hommes se réchauffer devant un feu. Dehors, un homme
avec des fagots à ses pieds abat un arbre avec une hache, tandis que l’autre promenades dans la neige, soufflant sur
​​
ses mains pour se réchauffer, et un troisième conduit un âne, chargé de bois, vers le village voisin.

(Attribué à Pol, Jean et Hermann de Limbourg, dits les Frères de Limbourg, Les Très Riches Heures du duc de Berry, mois de
février, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.1v, vers 1411-1416) sources Wikipédia




[Les mois]. [2], [Février] : [estampe] / [Jacques Callot]
Source: gallica.bnf.fr

Soleil le dernier jour de février, mets des fleurs au pommier.

Allez, de tout faut patienter, pour savoir apprécier !
C’est ce que je vous dirai, ce dix-huit février.


Les chevaux près de chez moi…

 

Ils sont heureux, aux premiers rayons du soleil
De retrouver le pré, et l’herbe sans pareille ! 

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Ils se sont roulés dans la boue, tachant leurs robes claires
Tapant du sabot, le vent caressant leurs crinières.

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 Henissant de plaisir, ils broutent l’herbe rase,
Oubliant le passant curieux, ils se toisent…

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Beau dimanche  !


Sur le sable d un îlot désert …

photo-sur-le-sable-joelle.JPG

 

Sur le sable d’un îlot désert, là, mon prénom.
A l’autre bout du monde, elle pense à moi !
Sur le sable d’un îlot désert, là, mon prénom.
La mer limpide, tendrement l’effacera…

Lettres tracées du bout du doigt sur le sable
Millions de grains ravagés. Tel un tsunami
La vague caressante est impitoyable.
… Je devine là-bas, le regard de l’amie.

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Voir enfin l’intimité du monde…

CIELS-NUAGES-9593.JPGCe matin, au réveil de la terre, lorsqu’elle baille encore,
Exhalant son haleine de feuilles mortes,
Son souffle en rubans de brume
j’ai pris mon bâton de pèlerin.

Mes pieds ont foulé les herbes
Qui ploient sous les perles de rosées,
Univers minuscules, où le ciel, camaïeu d’un levé de matin,
Se reflète en autant de mondes bouleversés.

La lumière est faible et propice aux visions.
Silhouettes d’arbres morts, en dormance
Dressant leurs branches, implorant le Divin
De surseoir encore une fois, au jugement dernier…

L’hiver n’en finit pas de pleurer sur ma campagne.
Les mousses vertes et tendres
Envahissent la grande cour grise et triste
Comme une tapisserie patiemment nouée.

Ce matin, l’air est doux, la brise légère.
Les effluves de paille, de foin, de vache
Dévoile l’étable et sa chaleur, non loin de là.
Doux meuglements… Bientôt la traite !

au-fil-de-l-eau-9938.JPGSoudain, à quelques pas
de là,
Un clapotis me tire de mes rêveries…
Immobile, entre peur et curiosité.
Mon cœur s’emballe, je le sens dans ma gorge…

Voir enfin l’intimité du monde
Hors de chez moi, hors de mon monde !
Sur la mare encore sombre, les ébats des colverts,
Agitent l’eau où les nuages se noient…

J’aspire une grande bouffée d’air frais
Qui achève à mon bien-être
Et d’un pas sur et décidé,
je poursuis mon chemin…

Février 2013

 

Belle journée mes amis !