Chez moi, pas encore de teintes automnales, le vert domine encore… Mais l’automne inexorablement s’avance. Dans le champ de pruniers de Jean-Pierre et dans le petit bois en haut de sa colline,
dans les roseaux qui bordent l’étang en bas de la route qui va vers Saint-Aubin… Je le guette pour capturer ses couleurs chaudes dans ma boite à image…

la-faune 7465Je traque aussi le frisson qui viendra confirmer
mes craintes. Ce frisson de fraîcheur qui donne aux oiseaux le signal du départ, ces oiseaux rassemblés sur les fils électriques et piaillant tellement fort à la fin de la journée, si fort,
criant leur peur de la nuit qui s’avance, qui les engloutira et leur peur avec.

au-fil-de-l-eau 7460 LE PUITSPour
l’instant la pluie mouille doucement la terre blessée, brulée du soleil de l’été. Elle soigne ces grandes crevassent qui zébraient la terre du champ qui entoure ma demeure. Le trop plein des eaux
des gouttières prend le même chemin depuis des décennies, certaines s’écoulant dans les baquets de bois, d’autres s’infiltrant partout pour redonner la vie, dans les pierres du muret qui sépare
le potager et la cour, ou encore, glissant sur la margelle du puits, usant doucement les pierres. Et d’autres encore, canalisées, dégoulinent jusque dans les charbons sur la terrasse, dans le bac
cimenté maçonné au siècle dernier. Et goutte à goutte, elle arrive purifiée dans la citerne contiguë à la maison, côté sud.

Les odeurs même sont différentes. Celle des moisissures dominent mêlées au parfum sucré des prunes pourrissant qui jonchent le pourtour des pruniers. Mais dans la pelouse c’est aussi une
abondance de couleurs… Celles des fleurs de l’automne, celles qui laisseront un souvenir pour les jours froids de l’hiver… Les crocus jaunes que l’on nomme joliment vendangeuse, abondent,
accompagnées de quelques chrysanthèmes dont les boutons gonflés bientôt éclateront… Quelques insectes s’accrochent aux feuilles mouillées et glissantes, attendant l’éclaircie pour terminer leur
mission avant les grands froids…

crocus d'automneJ’aime ces moments où je ressens la paix, la
valse lente de Nino Rota s’échappant par la fenêtre entre-ouverte, le calme régnant sur cette tranquille campagne…