jour-bapteme-Jerome.jpgDix ans déjà…
Et je n’ai rien accepté.
Un au revoir pour tes vingt-cinq printemps…
Une chance ? Un cadeau du ciel ?
Je ne saurai jamais.

Mais je ne peux me résigner.
En moi, toujours la colère…
Elle gronde sourdement au bord de ma raison.
Elle me tue, pas toute entière,
Par endroit seulement.
Et puis, tu m’en voudrais si j’allais te rejoindre…
Dans cette aube où blanchit la campagne…
Et toi ? M’attends-tu ?
Aucune certitude.
De l’espoir peut-être, là où la colère n’est pas !

O jour funeste, ton ensevelissement…
Et personne ne voit
Le sourire sur tes lèvres,
Tes yeux qui ne s’ouvriront plus,
Mes larmes qui ne se tariront jamais…
Et je ne vois plus rien,
Et je ne vois personne…
Chaque pas vers ce lieu, attise ma souffrance.
Il faut marcher pourtant, il faut t’accompagner
Vers cet endroit de paix plein de fleurs, d’oiseaux et de tranquillité.

JEROME-bis.jpgPardon à tes amis, tes amours,
Pardon à tous ceux-là présents par amitié
Et ceux aussi venus pour nous dire
Qu’ils nous aiment par-delà toutes nos différences…
Pardon aussi à toi, mon amour, père de notre petit disparu,
Et à vous mes enfants, qui étiez dans son ombre…
Levons bien haut la tête,
Rions, chantons, pour que dans nos délires,
Nos rêves, nos fêtes,
Une place lui soit toujours réservée.

Dix ans déjà…
Et je n’ai rien accepté,
Sinon que dans mon coeur, tu aimes te cacher.

exportvictor hugo

En partage,avec Monsieur Victor Hugo… Vous savez…  ces très beaux vers, pour sa fille défunte…. Le poème est daté du 4 octobre 1874… 
A consulter… Les Contempaltions… 

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Fonds Victor Hugo. II -- ŒUVRES. Les Contemplations.
Fonds Victor Hugo. II — ŒUVRES. Les Contemplations.
Source: gallica.bnf.fr

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