Arrivée dans la gare à BruxellesSur le quai. 

Du monde. Les roulettes des valises arpentent le macadam. Chaque valise à son rythme. Les roulettes aussi. La voix là-haut… Haut-parleurs… Les paroles de l’hôtesse sont mécaniques. Elle
est désolée du retard de la mise à disposition du TGV 8740 à destination de Bordeaux. 

Bordeaux, ses petits cannelés. La rue Sainte-Catherine. Ses boutiques de luxe. Bientôt les soldes ; Et la foule… La foule, justement. Elle se presse, s’agglutine en paquet de quatre, de
huit. Les enfants sages ou non. Là, une guitare dans son étui, au bout d’une main. Peut-être une artiste ? De nouveau la voix off, là-haut. A peine audible. C’est là-haut, pour un autre
train. Le gros nez gris du TGV souffle et passe au ralenti devant des spectateurs énervés, impatients, joyeux ou tristes. Ne pas poussez. Ne pas être poussé. Ne poussez pas !
Un journal sur le sol. Gros titres : « VICTOIRE DE » Le reste du titre est mangé par le pli. Une demi-photo. On aperçoit une raquette de tennis. Où joue-t-on au tennis
l’hiver ???
Les portes s’ouvrent en glissant doucement, longeant le corps des wagons. Il faut franchir deux marches pour être dans l’un de ses wagons. Les valises grimpent tant bien que mal avec leurs
propriétaires. Où les stocker ? Chaque propriétaire de valises et d’autres propriétaires de sacs se ruent sur les sièges libres. Pourtant chacun a loué sa place !
Sur les sièges, au-dessus, dans les porte-valises, sous les sièges… Entre deux sièges Il y en a partout…des valises. Des petites à roulettes qui font la pige aux sacs de voyages à roulettes, et
des gros sacs polochons. Les plus solides, rigides, genre Samsonite, ne sont pas faciles à caser vu qu’elles ne se déforment pas. Une rouge surtout, qu’un monsieur, lui aussi très rouge, essaie
désespérément d’introduire entre deux sac de voyage au-dessus de son fauteuil réservé.

Quand un « gling » est émis, je sais que le train va bouger et je me prépare au quart d’heure proche où mes pauvres oreilles seront toujours bouchées et où il faudra que je me pince le
nez et que je souffle fort pour les déboucher. C’est lors des passages dans les tunnels que ces choses désagréables se produisent.
Mon billet est là pour être vérifié par le contrôleur qui immanquablement passera et le poinçonnera. Il y a des billets de toutes sortes maintenant, ceux que l’on retirent en gare, ceux qui sont
envoyés par l’agence Voyages-SNCF.com, ceux qui sont imprimés sur des feuilles A4 en couleur ou en noir et blanc et qui ont un code barre. Ceux-là aussi sont vérifiés mais avec d’autres
manières. Le contrôleur doit être diplômé ! Il est bardé de différentes lanières portant différents appareils de contrôle, de lecteur optique et … une pince quand même. Le temps du trou rond
qui faisant un confetti est révolu depuis très longtemps.
Bien que je sois dans un train la chanson du poinçonneur des Lilas me revient en tête. Et je revis un instant l’arrivé sur le quai du métro, passera, passera pas ? Ticket perforé et le
contrôleur me laisse passé. La personne derrière moi présente son ticket. L’homme, qui contrôle tout finalement, prend le ticket, met son bras comme une barrière, parallèlement à la barre de
métal qu’il repousse vers la personne qui lui a confié son ticket…Passera pas ; attendra que le métro soit parti.
Bon je suis sereine car tout « roule »…
Je serai bientôt chez moi !

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J’aurai tout aussi bien pu mettre l’originale chantée par Serge Gainsbourg… 
Mais comme c’est le temps des souvenirs, j’ai préféré ce clin d’oeil  à un style aujourd’hui disparu…Les frères Jacques (furent 5 aussi !)