Quelqu’un a publier un défi sur une autre communauté. Cela m’a rappelé un texte écrit il y a plus de deux ans lorsque je participais à l’atelier d’écriture avec quelques complices dans ma vie
de banlieusarde…
J’ai eu envie de le partager avec vous.mon-stylo-plume.jpg 

L’objet…

Il se ballade de sac en sac, de sac en poche puis de poche en table… Un vrai compagnon de voyage.

Il est de tous les instants, les plus beaux, les plus simples, les plus tragiques, des instants griffonnés sur la nappe en papier d’un resto laissant un numéro de téléphone, mince espoir
d’un « à se revoir », des instants de bonheur partagés sur une carte de vœux, où l’émotion des nouvelles laisse sur le papier les traces de larmes, des instants de douleurs qui
s’épanchent un instant sur un cahier déjà trop plein, où toute une vie se déroule sans fin. Il est tout à la fois : celui qui sait tout et celui qui dit tout. Il glisse tendrement sur le
papier lisse canalisant des pensées trop rapides, il s’énerve, rayant et raturant puis hésitant, il reprend son récit. Il vole les confidences et les pensées intimes ; impossible de lui
résister. Mais il est tout aussi capable de cracher des colères en choisissant ses mots. Parfois il se permet des libertés, s’autorisant des pleins et des déliés comme pris par l’envie
irrésistible d’imiter les crayons, les pinceaux, les fusains et s’apercevant bien vite qu’il n’est pas fait pour çà. Non, son rôle est l’écriture. Magnifiquement habillé de noir et d’or, il a
l’air comme çà, un peu prétentieux. Mais il n’est à l’aise qu’à deux endroits, dans cet étui de cuir bordeaux où sa timidité disparaît et dans ma main, au bout de mes doigts où pour lui tout
devient possible du bout de sa plume.

Joelle Lenne -2009