IMG 0367Tu
dors calme, dans la nuit noire, semblable aux cités du monde entier.
Ton réveil, comme une rumeur, monte dans le petit matin, s’amplifie doucement ;
Au ronronnement du métro au fond de toi,
Se joignent les moteurs des autres autos, bus ou mobiles.
Puis quelques klaxons couinent au dos des camions poubelles
Qui bipent à chaque reculade.
Des plaies béantes de tes chantiers en cours,
S’échappent les notes saccadées des gros marteaux piqueurs,
Quelques cloches, survivantes du passé, appellent encore quelques fidèles…
Alors dans les parcs le sable et le gravier crissent à l’unisson sous les pas
Sur les chemins des jardins les cailloux roulent sous les roues des voitures,
L’eau s’enfuie dans les caniveaux,
Emportant au passage, les rires des enfants dans les écoles,
Les pleurs des gens dans les cimetières,
Les aboiements des chiens derrières les clôtures,
Et les cris des forains aux étals des marchés.
Les billards électriques et jeux électroniques, sur le coup de midi
Accompagnent les sandwichs et même les plats du jour.
Parfois un air classique ou un rock endiablé
Perturbent les siestes imprévues ou les habituelles.
Tout concorde pour que jamais le silence ne s’installe,
Pour qu’on ne t’oublie pas, pour qu’on sache que tu es là !
Et dans tes rues chacun s’y emploie avec force :
Et les sorties d’écoles ou celles des bureaux,
Et dans les gares bondées, l’annonce des haut-parleurs,
Enfin tu penses qu’on te doit du repos !
L’apaisement s’installe donc au chœur de ta soirée
Ponctuée des hurlements de sirènes d’urgence,
Police ou ambulance, toi tu n’en as que faire
Tu voudrais t’endormir mais tu soupires encore
Car sous l’asphalte résonnent comme un martèlement
Les basses et les aigus d’une boite à danser.
Dernières lamentations d’un sans-abri qui souffre
Comme une mélopée qui s’élève aux cieux.
La nuit noire te prend et c’est l’apaisement
De tes voies et artères, blocs et pavillons, jusqu’à l’aube naissante
Où reprend la chanson.