Mardi 11 octobre 2011

 

Ce matin, j’ai chaussé mes souliers de rando,Port-de-Penne
J’ai saisi le bâton du nouveau pèlerin,
Et n’ayant que le ciel comme unique témoin
M’en suis allée ravie vers les rives de l’eau.

A mon cou l’appareil qui fixera l’instant
De ce moment serein où s’arrache le voile
De la nuit. L’aube en secret peindra la toile
Suivant le jour, la saison et le temps.

Que ne puis-je restée ainsi à contempler
Les rives désertées et les flots ondoyants,
Ressentir le charme du brouillard caressant
Puis fermer les yeux, être enfin apaiser ?

J’ai regardé partout, cherchant l’irréel, le sacré,
Trouvant là une barque, agonisant sur l’eau.
Et là-bas sur la rive, le bois gris d’un bouleau
J’ai aperçu l’oiseau sur une barge ancrée.

Le chant que je fredonne, plane, m’emporte
Près de toi, mon ami, mon amour, mon amant
Je songe à ces moments quand tous deux, nonchalants
Nous rêvions de voyages d’une toute autre sorte.

Oui, bientôt à nouveau, bras dessous, bras dessus
Nous foulerons ces herbes aux parfums anisés
Et nous prendrons le temps de bien nous amuser
Goûtant chacun de ses instants tant attendus.

Je me suis immiscée seule entre les deux heures
Ce matin, sur les rives délavées du temps
L’heure bleue de nuit et la blanche d’entre-temps
J’ai chaussé mes chaussures et suis partie deux heures.