FACADE VUE DE LA PLACE FREROTL’arrivée à Saint-Michel

Les souvenirs sont toujours incomplets, mais les impressions demeurent…

 Non vraiment, je ne me souviens pas de mon arrivée à Saint-Michel. J’ai beau faire des efforts de concentration, fermer les yeux, et penser à la petite fille que j’étais lorsque je n’avais
pas sept ans…. Rien n’y fait… Aucune sensation lors de ce premier séjour au pensionnat ne remonte de cet endroit où je stocke mes souvenirs… Il n’y a que de vagues promenades… peut-ête…

C’était donc lors des vacances de Pâques 1959, mes parents souhaitaient souffler un peu sans doute. Ma petite sœur de trois ans ma cadette était à Font-Romeu. Pour elle aussi, c’était un besoin
de reprendre son souffle d’enfant asthmatique, état qui d’ailleurs, suite à ce séjour, n’a plus réapparu. Mais moi, toujours énervée et énervante, infernale, insupportable, j’épuisais par mon
énergie débordante ceux qui m’aimaient. Des enfants comme moi, était alors un vrai fardeau. On me qualifierait aujourd’hui d’enfant « hyperactive » !

Bref, j’avais aussi besoin de changer d’air. Quelques jours dans cet établissement devaient me calmer. Tout du moins, c’était ce que pensaient les adultes. Coutumière du fait peut-être, j’avais,
très jeune, déjà été accueillie à Néris–les-Bains, réputée pour soigner les nerfs ou les troubles nerveux et du sommeil…Peu importe pourquoi. En ai-je vraiment un souvenir ?… Oui, quelque chose
comme une odeur de chocolat chaud servi dans des bols de plastique bleu, une lumière d’un bleu-violet au-dessus de moi allongée…Rien d’autre je crois.

Ces petites vacances furent le premier de mes séjours à la pension Saint-Michel de Montmirail, dans la Marne. Une enfant privilégiée dans une institution tenue par les religieuses de
Saint-Vincent de Paul, aux cornettes impressionnantes mais dont je me souviens avec attendrissement.

Les vacances d’été 1959, auprès de mes parents, évidemment, je ne m’en souviens pas. C’est à la fin de cet été-là que j’y suis revenue, à la pension Saint-Michel. Je reconnaissais les lieux,
c’était sur, j’étais heureuse de revenir. Quel était cet établissement ? Question aussi que je ne me posais pas alors… Si jeune, on est là, on est bien ou on est mal. Moi, j’étais encore en
vacances, en colonie, avec d’autres filles, à la campagne, avec les monitrices et les sœurs.

(d’après une histoire vraie, à suivre si vous le voulez…)