Bonjour,

J’espère ne pas vous lasser trop avec cette histoire, mais comme je suis en déplacement, et très occupée, j’ai choisi la facilité en vous faisant partager une histoire écrite depuis très
longtemps et qui était en sommeil. Je travaille actuellement sur l’origine du batiment, (je viens enfin d’en découvrir l’origine dans les archives privées de la congrégation à Paris, rue du Bac
!), et sa fonction au sein de la communauté de Montmirail, l’établissement des religieuses de Saint-Vencent de Paul. En effet, le seigneur de Montlirail, Philippe-Emmanuel de Gondi a été le
protecteur de Vincent de Paul, qui demeure chez lui de 1613 à 1617. Plein de choses savouresues à découvrir…

Aux copines pensionnaires qui me lisent, merci de m’écrire pour rectification si nécessaire…

Voici, si vous le voulez, le 4ème épisode…

Une femme, arrivée de je ne sais où, emportait ma petite valise et m’emmenait comme pour une première visite… Je la suivais en traversant la cour. Du côté gauche, se dressait un mur percé de
fenêtres larges et une porte avec deux marches de pierre. A droite, une petite clôture de tige de métal en arceau protégeait très mal un petit mètre de jardin. Une rangée de cellules
individuelles alignées comme de petites maisonnettes abritaient les enseignantes et monitrices. Deux marches pour accéder à la porte de bois, une fenêtre de chaque côté.Bat-principal.jpg

La cour s’élargissait devant le bâtiment principal qui, dans mes yeux d’enfant, était aussi grand qu’un château. A ma gauche, un escalier, grand et large, menait à une autre cour. A nouveau,
j’étais là, à nouveau se dressait devant moi cet immense bâtiment de meulière grise et beige. J’étais toujours aussi impressionnée, je me sentais écrasée. D’autant que tout là haut, Saint-Michel
terrassant le dragon se dressait, me fixant avec des yeux vides. L’expression de mon visage a dû étonner mon accompagnatrice qui m’a rassuré avec des paroles banales.

Au rez-de-chaussée, s’alignaient des portes doubles en bois, bien fermées. Il y avait trois étages. A l’arrière du bâtiment, aux deux angles, une espèce de tour de abritait en bas, les « waters »
(à la Turque). Je ne les voyais pas d’où j’étais, mais j’avais le souvenir d’une odeur pas très agréable de la fosse septique à l’aplomb de cet endroit. Très vite j’oubliais et suivait ma guide
vers la porte d’entrée. C’était la porte la plus à droite du rez-de-chaussée. Quand elle l’ouvrit, j’étais assaillie par l’odeur de la cire sur les boiseries bien entretenues et du cirage sur
quelques paires de souliers fraichement cirées Un bien-être m’envahit, comme si j’étais de retour à la maison !

 Un escalier de bois accueillant avec une belle rampe usée par le passage d’une quantité de menottes desservait les deux étages. Sur le mur de gauche, des petits casiers attendaient les
chaussures ou les chaussons, suivant que l’on entrait dans l’immeuble ou que l’on en ressortait. Ma valise fut ouverte et je changeais mes chaussures pour des chaussons neufs que maman avait
achetés pour l’occasion.

en-haut-cote-bat-principal-sepia.jpgLa monitrice qui m’accompagnait me précisa que c’était le côté des petites, les
grandes passaient les mêmes épreuves, mais dans l’autre aile . Les petites d’un côté, les grandes de l’autre. Pas de croisement possible des petites et des grandes dans les escaliers ni dans les
étages. Les grandes dans le dortoir du deuxième étage, les petites dans celui du troisième.

Le dortoir était aussi long que le bâtiment moins les deux escaliers de chaque extrémité.

On y accédait par un large couloir qui était équipé tout le long du mur d’un genre de mangeoire avec au-dessus, à intervalle régulier, un petit robinet qui distribuait une eau glacée. En face,
des placards, pour les affaires de toilettes et de nuit. Il arrivait que l’on ouvrit les deux battants pour se dissimuler et faire une toilette plus intime.

Deuxième halte pour ranger, un gant, une serviette de toilette, la savonnette et le pyjama – pas de chemise de nuit.

Une grande porte double en bois ciré s’ouvrait sur le dortoir proprement dit. Comme c’était beau !

 

(d’après une histoire vraie… à suivre…)