29-10-12 PREMIERES GELEES

Le soleil se lève étirant les ombres du jardin.
Les terres brunes fraichement retournées, fument.

L’herbe des prairies alentours reverdies des pluies récentes
A blanchie cette nuit pour la première fois.

Vision glaciale de ce petit matin d’octobre
Où mon père vit le jour, il y a quatre-vingt-neuf ans !

Il n’est plus depuis bien trop longtemps
Apaisé, je l’espère dans cet autre jardin…

Je me surprends encore, à lui dire,
Alors papa, que penses-tu de ça ?

Pourquoi, nous qui avions les même idées
Nous écorchions-nous aussi souvent le cœur ?

Enfance malheureuse loin de tes chers parents
Qui avaient déjà accrochés sur le registre de l’état civil : divorce.

Une tante, ta marraine je crois
A bien pris soins de toi, mais cela ne te suffisait pas.

Si j’avais su tout ça, si j’avais su papa,
J’aurais pu t’aimer encore davantage.

Sur tes genoux te gaver de baisers
En abimant ma bouche sur tes joues mal rasées…

Mais mon enfance a fui et mon adolescence
Fut celle d’une rebelle, ne faisant pas confiance.

Alors je t’ai peiné et je l’ai regretté.
Tu sais tout maintenant de là ou tu me vois…

Je t’ai dit ma tendresse, et mes regrets sincères
Ces mots, sur un papier baigné de mes larmes,

Je le sais sur ton cœur où je l’ai tendrement posé
Le jour ou sur toi, la terre est retombée…

Allez, petit papa, je pense toujours à toi,
Maman et ma petite sœur, on parle souvent de toi !

Bon anniversaire !

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