LHEURE BLEU SUR LADIGNACDonc ce soir-là, à
l’heure où chacun regarde les infos ou attend le film de la soirée, ou bien encore préfère le confortable fauteuil et le livre du moment, j’ai brutalement pris la décision d’aller me promener. Il
faisait encore clair, mais l’ombre de la nuit arrivait. Après avoir, à toute allure, enfilé une paire de chaussures, mis un pull sur mon dos et fermé mes volets, j’ai pris la voiture, direction
Ladignac à environ un kilomètre et demi de chez moi. Il est dit qu’en Lot-et-Garonne, la luière y est particulière. Le ciel ayant été bleu toute la journée, je peux, me dis-je, je dois
saisir “l’heure bleue” !

Celle-ci se déplace suivant l’avancement des saisons.
J’arpente le petit village dans tous les sens, au pas de gymnastique, en appuyant comme une folle sur le bouton de mon appareil photo numérique. Dans ma tête, l’espoir fou de la photo du siècle,
celle que j’enverrais pour le concours du mois du site Canon EOS, la certitude de saisir enfin cette lumière extraordinaire entre la fin du jour et le début de la nuit…

Vingt heures trente. J’erre dans les rues déjà éclairées par les lampadaires où les maisons de pierres et leurs balcons fleuris, ont l’air de décors de film, où les croix du cimetière se tendent
plus que jamais vers le ciel, où un chat apeuré se plaque contre le sol, dans la crainte d’être découvert. Dernières prises, l’église toute de pierre, dressant fièrement son clocher dans ce ciel
bleu foncé presque noir.

En rentrant, j’ai lu mes prises de vues et… non,  

LHEURE BLEUE RUE PRINCIPALE A LADIGNACje n’ai pas fait la photo du siècle, mais oui, j’ai enfin saisi cet instant si particulier
appelé « entre chien et loup » ou encore la « brunante ».

LHEURE BLEUE A LADIGNAC