Article publié par la Dépêche, 12/07/2008 10:53 | J.-LOUIS AMELLA

“Villeneuve-sur-Lot. Le temps suspendu à Notre-Dame-de-Liesse”

“C’est un endroit à la fois très connu par l’originalité de son architecture et suffisamment méconnu quant à son histoire.

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Villeneuve-sur-Lot. Le temps suspendu à Notre-Dame-de-Liesse DDM

Le paroissien ne manque jamais un rendez-vous. Il vient le matin et le soir. Tous les jours ou presque. Deux tours de clé le matin dans la serrure de la porte
principale et deux tours de clé le soir, dans l’autre sens. La chapelle du Bout-du-Pont est accessible toute l’année. C’est un lieu de culte. Une messe est célébrée tous les samedis, à 9 heures.
Mais les Villeneuvois qui viennent ici n’attendent pas le culte officiel pour venir se recueillir. De tout temps, la chapelle fut d’abord un lieu de recueillement et de sérénité. « Autrefois il y
avait des ex-voto sur tous les murs de la chapelle. C’était autant de remerciements de Villeneuvois qui avaient espéré un geste du ciel », explique une grand-mère qui vient ici toutes les
semaines. « Vous savez, les Villeneuvois sont plus nombreux que l’on croit à venir ici passer une minute ou plus ou encore à faire brûler des cierges et des bougies. Et pas forcément des
croyants… ». Les touristes ne prennent pas plus de temps pour découvrir le lieu. Ils sortent l’appareil photo et enregistrent le bâtiment cultuel, « l’extérieur surtout », note un voisin amusé
devant les contorsions des photographes amateurs pour faire entrer toute la chapelle dans le cadre de l’appareil photo. « C’est vrai que le plus spectaculaire, c’est l’extérieur ». La chapelle du
Bout-du-Pont (qui en réalité s’appelle chapelle Notre-Dame-de-Liesse ou de Gauch) est suspendue au-dessus du vide et de la rivière. La dernière grande étape de construction de la chapelle
consista à installer les poutrelles métalliques qui remplacèrent les aisseliers de l’encorbellement sur le Lot. La chapelle du Bout-du-Pont aurait été fondée en 1289 selon la légende (lire par
ailleurs), elle était la chapelle de la citadelle de l’entrée du pont. Maintes péripéties vont marquer son histoire : en février 1600, elle est fortement endommagée par la tempête qui emporte la
tour du pont : reconstruite, elle est achevée avant 1 618 ou seulement en 1643 (les historiens ne sont pas d’accord) avec les matériaux inemployés pour la réparation du pont ; le couvrement en
lambris est rehaussé par Antoine Papou, charpentier, et Antoine Philippes, maçon, en 1657 ; à la Révolution, le clocher est démoli ; en 1825, les murs côté Lot qui menacent ruine et le clocher
sont reconstruits et la sacristie agrandie en encorbellement sur la rivière, sur consoles en pierre de taille et poutres ; en 1865, la sacristie et les façades sur la rue Notre-Dame sont
réédifiées pour se conformer au nouvel alignement avec un décor néogothique ; l’intérieur est restauré dans les années 1860.”

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“La légende de la chapelle”

“La légende raconte qu’un jour des embarcations descendant du Quercy furent subitement arrêtées par une force mystérieuse sur le Lot, à hauteur du pont des
Cieutat. Les marins multiplièrent les efforts afin de pouvoir repartir vers l’aval du fleuve mais cela fut impossible. L’un d’eux décida de plonger pour voir qu’elle était cette force mystérieuse
qui retenait l’embarcation. On le vit réapparaître avec à la main une statuette de la Vierge. À peine l’objet saint fut-il déposé dans la gabarre, les bateaux reprirent-ils leur course. Depuis,
il fut décidé de construire à cet endroit, en aplomb du Lot, une chapelle, lieu de vénération et de pèlerinage pour tous les bateliers. Et la légende raconte que la statuette trouvée dans les
eaux du fleuve veille la rivière depuis le toit de la chapelle.”